Accès direct au menu Accès direct au contenu de la page
Karhoo :

Boris Pilichowski (de face) en compagnie de Nicolas Andine, les co-CEO de Karhoo.

Karhoo : "Nous entrons dans une phase de déploiement de très grands volumes"

Repris il y a bientôt deux ans par RCI Bank and Services, Karhoo était présent lors de la FD Day, organisée par France Digitale, ce 25 septembre 2018, à Paris. Son co-directeur général, Boris Pilichowski, nous fait un bilan des derniers mois de développement de la plateforme, qui aboutiront bientôt à une mise en production à grande échelle.

Pour ceux qui ne connaissent pas Karhoo, pouvez-vous nous redéfinir votre positionnement ?

Boris Pilichowski. Depuis ses débuts, Karhoo est une plateforme d'agrégation pour les taxis et les VTC à l'échelle mondiale qui fonctionne comme une « place de marché ». Notre rôle est d'offrir ces services à des partenaires qui ont besoin d’un système de réservation intégré technologiquement et mondial.   Donc à la différence de service globaux tel qu'Uber (qui met directement en relation les passagers avec les chauffeurs), nous ne travaillons pas directement avec les chauffeurs mais avec des flottes qui ont elles-mêmes des chauffeurs.,  nous ne travaillons qu'avec des gestionnaires de flotte qui ont-elles-mêmes leurs chauffeurs. Nous avons des accords avec plus d'une soixantaine de groupements de taxis et avec les acteurs majeurs du VTC nationaux.

 

Comment cela se traduit-il dans les rues ?

BP. Cela nous apporte une granularité. Aujourd'hui, notre plateforme est accessible dans 130 villes françaises. Nous sommes aussi très présents en Espagne ou en Angleterre. A travers le monde, nous avons ainsi 270 000 véhicules connectés et les 2 000 flottes de taxis et de VTC qui ont signé pèsent un total de 1,5 millions de véhicules. Tout le monde n'est pas encore relié à la plateforme, c'est justement le travail colossal que nous réalisons actuellement.

 

On parle là de la partie prestation de service. Qu'en est-il du côté de la demande ?

BP. Il y a différents secteurs à cibler dont l'industrie du voyage, de l'hôtellerie, de l'assistance… qui consomment beaucoup de taxis au quotidien, mais en utilisant souvent des processus manuels à des échelles locales, c'est-à-dire en traitant en direct avec les compagnies à proximité. Nous leur proposons donc une intégration directe à leurs interfaces et applicatifs, leur permettant de continuer à travailler avec leurs flottes partenaires de façon automatisée. Nous nous attachons à intégrer les flottes dans notre système de sorte que même les entreprises locales apparaissent dans une solution moderne globale. Nous commençons à regarder aussi de près le marché des taxis hospitaliers, soit environ 30 à 35 % du volume des courses de taxis et VTC, en France et en Angleterre. Dans ce cas, nous nous attachons à intégrer les flottes dans le système de sorte que même les entreprises locales apparaissent dans une solution globale.

 

Dans un monde en proie à l'intermédiation, ne craignez-vous pas des levers de boucliers ?

BP. Nous ne sommes pas des agents de désintermédiation, mais une solution de réservation et de paiement qui fluidifie le marché. A titre d'exemple, nos partenaires reçoivent une facture selon la fréquence de leur choix, hebdomadaire ou mensuel.

 

Ce marché de la plateforme connait un essor remarquable, comment résister à la pression de la concurrence ?

BP. Aujourd'hui, nous n'avons pas de concurrent direct sur le métier que nous exerçons, car nous proposons une prestation nationale et mondiale en même temps. Il n'y a aucun intérêt pour eux sans taille critique.

 

Que pèse ce marché de la plateforme ?

BP. Ce marché croît de 35 % par an. Il est énorme et continuera de progresser car les gens vont de plus en plus faire appel à des services. En revenu, on estime qu’il s’élève à plusieurs dizaines de milliards de dollars. On ne compte pas en nombre de courses, mais de volume d'affaire car il est difficile de recouper les chiffres à l'échelle mondiale. A ce jour, chez Karhoo nous avons plus de demande que nous ne pouvons servir, ce qui prouve que le marché est porteur.

 

Il s'est écoulé presque deux ans, depuis la prise de participation majoritaire de RCI Bank and Services. En coulisse qu'est-ce qui a été réalisé concrètement ?

BP. A l'origine, la société avait une stratégie orientée B2C. Elle était en compétition avec des acteurs locaux et des éditeurs d'application. Nous avons pris un autre chemin. En reprenant les actifs et deux employés, nous avons remonté la structure avec le soutien financier de RCI Bank and Services. Notre premier objectif était de concevoir une plateforme fonctionnelle à présenter aux clients ce qui a nécessité de recruter une équipe de classe mondiale. En ce moment même, nous menons des tests avec de grands acteurs. Dans quelques mois, les noms de ces partenaires seront révélés publiquement. 

 

Où êtes-vous donc de l'histoire de Karhoo nouvelle génération ?

BP. Nous sommes très contents de l'aboutissement technologique. Nous entrons dans une phase de déploiement qui concerne de grands volumes, sur plusieurs années et à des échelles nationales et mondiales. Karhoo a référencé des centaines de sociétés de VTC et de taxis, des partenaires du monde de l'assistance et des grands acteurs du BtoB et BtoC que vous verrez apparaitre durant les prochains mois.

 

Quel est le rapport avec Flit Technologies ?

BP. Flit Technologies est une société avec de multiples offres dédiées aux professionnels de la mobilité. Elle est composée de plusieurs lignes de produits. La plateforme Karhoo est une offre clé mais nous avons aussi des produits développés par nos équipes de Yuso, basées à Paris. Nous proposons ainsi des solutions de système dispatch (DMS) avancées pour gérer et optimiser différents services de mobilité : flottes de taxis et de VTC, service de livraison dernier kilomètre, transport public à la demande Flit Technologies développe également sa solution de paiement afin de faciliter le parcours utilisateur. L'écosystème de produits est donc complet et facilite la constitution d'un MaaS (mobility-as-a-service).

 

Comment couvrir les besoins des constructeurs engagés dans une mutation ?

BP. Nous travaillons main dans la main avec RCI Bank and Services et l’Alliance mais nous développons nos propres technologies et nos propres services liés aux nouvelles mobilités. Je pense que les constructeurs comprennent très bien les mutations qui arrivent dans le secteur et les enjeux stratégiques qui leur sont liés. Ils comprennent notre métier et l’intérêt que cela pourrait représenter pour eux à moyen terme. Nous travaillons avec toutes les flottes, même celles d’autres constructeurs, dans une logique de partenariats pour proposer la solution la plus globale possible. Par exemple, nous travaillons en partenariat avec Blacklane dont un actionnaire de référence est Daimler.

Ajouter un commentaire
 
Pour laisser un commentaire,  
 Inscrivez vous 
Plus d'articles
Paul-Henri Dubreuil :

Comme annoncé hier dans nos colonnes, le groupe Dubreuil récupère les sites de Chartres et Dreux, et signe ainsi son retour dans le réseau Citroën, marque avec laquelle il a créé la structure Claris

PGA entre dans le groupe Bernard !

Avec le retrait du groupe Alcopa de toutes activités retail en Europe, PGA reprend les 40 % de participation du groupe belge et entre ainsi dans le capital de l'entité gérée par Jean-Patrice Bernard.

Paris et Renault officialisent leur union

Comme attendu, la Ville de Paris et le constructeur tricolore ont posé les bases de l'après Autolib. D'ici septembre, Renault déploiera dans la capitale une nouvelle offre de mobilité combinant un service

Rendez-vous en 2018

Votre newsletter quotidienne fait une pause hivernale. La rédaction du Journal de l'Automobile vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d'année. Retrouvez-nous dès le 2 janvier 2018 !

Peugeot sur la piste des Genius

Une expérimentation a lieu dans le réseau français de Peugeot. Sur un modèle proche des Genius de BMW, la marque souhaite évaluer la pertinence de conseillers en amont du parcours d'achat.

Mitsubishi se positionne déjà dans l'Alliance Renault-Nissan

Depuis le Tokyo Motor Show, Mitsubishi a précisé les contours de son intégration dans l'Alliance, son apport s'articulant notamment autour de quatre axes. Trevor Man, COO de Mitsubishi Motors nous en dit plus.

 
Accès direct au menu Accès direct au contenu de la page