Rétrofit : Rev Mobilities part à la conquête de l'Amérique

Rev Mobilities s'embarque dans une nouvelle aventure internationale. En effet, celui qui compte parmi les derniers acteurs français historiques du rétrofit électrique encore en activité a officialisé, le 4 juin 2026, un accord avec la société Fuel2Electrique. Une relation de partenariat portant sur la commercialisation des kits de conversion des voitures thermiques en voitures électriques sur le marché nord-américain.
"Ce partenariat marque une étape décisive pour Rev Mobilities. L’Amérique du Nord est un marché à fort potentiel pour nos kits de conversion électrique. Avec Fuel2Electric, nous nous appuyons sur un partenaire reconnu, capable de structurer la distribution de nos solutions et d’accompagner les projets de décarbonation des flottes comme des particuliers passionnés", a commenté Arnaud Pigounides, président de Rev Mobilities.
Dès à présent, les kits de conversion conçus par la société d'ingénierie française pour les Toyota Hilux et les Land Rover Defender sont disponibles à la précommande sur la plateforme de Fuel2Electric. L'argument sera de permettre aux détenteurs de ces véhicules de pouvoir prolonger leur cycle de vie en remplaçant la chaîne de traction thermique par une architecture électrique. Les premières livraisons interviendront en fin d'année 2026, selon le calendrier défini.

Le Land Rover Defender et le Toyota Hilux partageront la même solution technique pour le rétrofit. ©JA
Cette annonce coïncide avec la levée de fonds orchestrée par Arnaud Pigounides. Une démarche qui prend cette fois une tournure atypique. Au lieu de prospecter des structure idoines (banques, sociétés d'investissement, constructeurs…), le fondateur de Rev Mobilities a opté pour la méthode dite du financement basé sur les revenus (ou RBF pour revenue-based financing). Des investisseurs privés vont s'engager en échange d'une redevance sur le chiffre d'affaires.
Le financement en partage de revenus permet alors à Rev Mobilities de lever des fonds sans dilution du capital pour les actionnaires. "Nous passons par la plateforme We Do Good pour nous connecter aux personnes intéressées. Les investisseurs ont en échange une garantie de gain de 5 %", explique Arnaud Pigounides. Les moyens collectés serviront concrètement à produire en continu des lots de 20 kits de conversion.
L'Afrique et son intérêt croissant
Ce qui rappelle que Rev Mobilities avait trouvé un débouché en Afrique, il y a un an tout juste, en s'associant au groupe Sogafric et à sa filiale de leasing BtoB. Il était question de rétrofit électrique sur des Toyota Hilux. "Depuis novembre, nous livrons chaque mois dix kits à notre client et pour le moment aucune panne n'a été signalée, même au plus fort de la saison des pluies", se félicite Arnaud Pigounides.
Cela n'a pas été sans difficultés économiques pour autant. Les besoins en fonds de roulement sont conséquents dans cette activité. Rev Mobilities a fini par trouver son salut auprès de la filiale française d'une banque africaine et de la cellule export de Bpifrance. "Plusieurs pays du continent sont en train d'adopter une réglementation en faveur du rétrofit", signale Arnaud Pigounides.
Les grands oubliés du nouveau plan de l'Élysée
En France, l'entreprise mise bien davantage sur les véhicules lourds, à commencer par les autocars et les bus. La coentreprise fondée avec le groupe Maurin, installée à Villefranche-sur-Saône (69), continue sa montée en charge sur un marché porteur. Au point que l'objectif 2027 de Rev Bus & Truck est fixé à 140 unités et qu'il passera à 200 unités l'année suivante.
Le dossier avec Volkswagen avance plus lentement. D'abord parce que le constructeur allemand travaille désormais de manière plus globale sur le sujet du rétrofit électrique. Rev Mobilities devrait y gagner un accès privilégié à des composants de la firme de Wolfsburg pour fabriquer les kits à monter sur les VUL du groupe allemand. Ensuite, la société française doit encore résoudre sa problématique de fonds de roulement. On parle d'une somme dépassant tout juste les dix millions d'euros.
L'argent reste le nerf de la guerre pour cette profession. La filière n'a jamais réellement profité des moyens prévus par le plan rétrofit annoncé en grande pompe au Mondial de l'Auto 2022. "Nous n'avons pas non plus été invités la semaine dernière par l'Élysée pour le nouveau plan d'électrification, regrette celui qui avait mis sur pied l'association des rétrofiteurs avant la pandémie. L'argent français va profiter aux opérateurs étrangers de bornes de recharge et autres constructeurs chinois de bus électriques, alors qu'un tiers du parc roulant actuel a fait l'objet d'une installation de kit de rétrofit", s'insurge-t-il.
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