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Nelson lève trois millions d'euros pour brancher les grands comptes à l’électrique

Publié le 7 mai 2026

Par Damien Chalon
4 min de lecture
La jeune entreprise spécialisée dans l’accompagnement des flottes vers l’électrique lève trois millions d’euros. Nelson entend ainsi accélérer son développement et adresser de nouveaux services liés à l’optimisation de la recharge.
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Les quatre fondateurs de Nelson veulent mettre à profit la levée de fonds pour développer de nouveaux services. ©Nelson

À la sortie de leurs études, Alfred Richard, Inès Multrier, Julien Bou Abboud et Octave Locqueville, quatre ingénieurs polytechniciens, ont senti le bon filon en créant Nelson, une entreprise spécialisée dans l’accompagnement des flottes automobiles vers l’électrique.

 

Quatre ans plus tard, Nelson s’est fait une place et un nom sur le marché. Au point de convaincre de nouveaux investisseurs – Asterion Ventures, La Poste Ventures, EIT Urban Mobility, Climate Club et des business angels stratégiques – auprès desquels l’équipe vient de lever trois millions d’euros.

 

50 000 véhicules analysés

 

Ce n’est pas une première pour Nelson. Dès 2023, la jeune entreprise avait été soutenue par une levée de fonds de 1,2 million d’euros menée auprès de 30 investisseurs. Preuve que le dossier était solide dès l’origine.

 

Nelson est parfaitement en phase avec son époque puisque son business repose avant tout sur une plateforme logicielle maison basée sur l’IA. Cet outil, nourri de toutes les données issues des parcs automobiles (télématique, logiciels de tournée et de gestion de flotte…), permet de créer le jumeau numérique d’une flotte et d’identifier quels véhicules peuvent être électrifiés.

 

 

Cette solution a été adoptée par une cinquantaine de grands comptes, dont Orange, Dalkia, EDF, Schindler, Koné ou encore Circet. Nelson a ainsi passé au crible plus de 50 000 véhicules depuis sa création et contribué à en électrifier plus de 3 000.

 

"Ces entreprises ne disposaient jusqu’ici d’aucun outil intelligent pour piloter l’électrification de leur flotte", souligne Alfred Richard, directeur général de Nelson. Des grands comptes qui ont résolument décidé de basculer rapidement une majorité de leur parc automobile à l’électrique, non seulement les voitures particulières mais aussi les utilitaires légers.

 

Priorité aux VUL

 

Les utilitaires sont le principal fonds de commerce de Nelson, sachant que pour les voitures particulières, l’électrification de masse est déjà une réalité, surtout depuis la réforme des avantages en nature de février 2025.

 

"Notre but est d’être un juge de paix sur toutes les décisions d’électrification des véhicules utilitaires", assure Alfred Richard. Cela passe par des analyses d’usages, des audits d’électrification pour comprendre qui est électrocompatible, mais aussi pour évaluer l’impact opérationnel d’une telle transition. Nelson veut s’inscrire dans une relation de long terme avec ses clients en étant présent à chaque opération de renouvellement et ainsi les aiguiller dans les prises de décisions.

 

 

La levée de fonds doit permettre à l’entreprise de mieux se structurer pour convaincre encore plus de clients, avec un objectif de 100 000 véhicules analysés et accompagnés vers l’électrique en 2030. Cela passera par le recrutement d’un commercial expérimenté et de profils en data science, IA, ingénierie logicielle et customer success. L’équipe passera ainsi de 15 à 20 collaborateurs fin 2026, puis doublera d'ici fin 2027.

 

"La Poste Ventures a choisi de soutenir la start-up pour accompagner son développement, souligne de son côté Jessica Guérin-Haué, directrice des projets d'innovation La Poste Ventures. Nelson bénéficiera également de l’expérience de La Poste dans la gestion de ses 25 000 véhicules électriques, par l’intermédiaire de Betty Didierdefresse, directrice des opérations de Véhiposte, qui siégera au board de la start-up."

 

Diversification avec Nelson Charge

 

Nelson va également mettre à profit cette manne financière pour développer de nouveaux produits. Alfred Richard constate que "90 % de notre activité tourne autour de l’aide à l’électrification et l’objectif est que petit à petit nous proposions plus de choses autour des véhicules électriques déjà déployés par nos clients".

 

Nelson Charge est l’une des diversifications en cours de déploiement. Il s’agit ici de superviser l’ensemble des sujets liés à la recharge. "Nous allons suivre toutes les recharges et agréger toutes les données de transaction, de tous les acteurs autour de la recharge, prévient Alfred Richard. Les gestionnaires de flotte ne sont pas des gestionnaires de recharge, c’est un sujet qui fait défaut dans les entreprises."

 

 

"Le budget carburant est facile à suivre avec la carte Total, mais le budget recharge peut être très important et personne ne va savoir comment contrôler l’explosion des coûts", poursuit-il. Nelson entend se positionner en tiers de confiance sur le sujet. "On ne vend pas la borne, la carte ou bien le câble connecté", glisse Alfred Richard.

 

Le contrôle des coûts recharge sera un élément parmi d’autres. Nelson va aider les entreprises à optimiser ce budget, à contrôler les comportements, à communiquer avec les conducteurs, à identifier les bons prestataires ou encore à dimensionner le réseau de bornes. Un moyen pour la start-up de nouer là aussi des relations de long terme avec ses clients.

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