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Industrie française : des signes d’embellie enfin ?

Publié le 2 juin 2022

Par Damien Chalon
3 min de lecture
Zoom de l’Arval Mobility Observatory - A l’heure où les chiffres du marché automobile français plombent, mois après mois, le moral des économistes et des décideurs, voici une étude propre à redonner quelques motifs d’espoir.

Chaque année, le Baromètre de l’attractivité de la France réalisé par le cabinet EY est une bonne occasion de prendre le pouls du pays, à travers le nombre de projets d’investissements ou des créations d’emplois qui y sont associées.

 

La dernière livraison de cette grosse étude vient tout juste d’être publiée : elle montre que pour la troisième année consécutive, la France reste le pays d'Europe le plus attractif pour les entreprises étrangères. L’hexagone a ainsi accueilli 1 222 projets en 2021, soit 24 % de plus qu’en 2020 et même 2 % de plus qu’en 2019 (soit avant la crise sanitaire).

 

Souvent "taxée" d’être moins compétitive que ses voisins européens, la France fait largement la course en tête devant le Royaume-Uni, à la deuxième place, avec 993 projets d'implantations et l’Allemagne (841 projets).

 

Autre motif de satisfaction et d’espoir, une bonne partie des projets (482 exactement) concerne un secteur malmené depuis des années par les crises et en constant recul, à savoir l’industrie. En un an, le nombre de projets d’investissements étrangers y a ainsi bondi de 41 %.  Surtout, au sein de l’industrie, certaines filières se sont révélées plus attractives que d’autres.

 

Et dans cette course aux investissements, aussi inattendu que cela puisse paraître compte tenu de l’ambiance actuelle, l’automobile sort la tête haute de la compétition : selon les calculs d’EY, les projets d’investissements étrangers y sont en augmentation de 46 %. Si on élargit au monde du transport, les projets d’investissements progressent de 75 % sur un an pour atteindre 110 dossiers, et le secteur se classe en seconde position derrière les logiciels et l’IT.

 

Alors bien sûr, les esprits chagrins auront beau jeu de souligner que la France ne fait pas la course en tête en termes de nombre moyen d’emplois par projets (38 en 2021). Dans ce domaine, l’Hexagone souffre effectivement de la comparaison avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, lesquels affichent respectivement 68 et 45 emplois crées par projet. Autre bémol à apporter au bilan de l’attractivité française, 69 % des projets d’investissements sont des extensions de sites existants et non des créations ex-nihilo.

 

Cette proportion s’élève à 36 % en Europe, 19 % en Allemagne et 23 % outre-Manche. La bataille qui fait actuellement rage dans la course aux gigafactories pour soutenir le développement du véhicule électrique, illustre bien la situation française : c’est outre-Rhin que Tesla ou Intel ont choisi d’implanter leurs usines de production de batteries ou de semi-conducteurs. Il n’en demeure pas moins que la France, selon le bilan d’EY, a créé l’année dernière 44 751 emplois grâce à l’ensemble des investissements étrangers sur son territoire.

 

L’Arval Mobility Observatory

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