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Industrie

Plastic Omnium, en Chine comme à la maison

Publié le 5 juin 2015

Par Hervé Daigueperce
4 min de lecture
En marge du salon automobile de Shanghai, le président de Plastic Omnium, Laurent Burelle, a précisé sa stratégie chinoise et est revenu sur quelques réalités.
De 2015 à 2016, 4 nouvelles usines seront en construction, à Wuhan, Changsha, et Pékin, pour les pièces extérieures. A Chongqinq, pour les systèmes à carburant.

“Nous sommes des industriels de proximité, ce qui explique que ce soit la production automobile qui nous intéresse, puisque nous produisons pour les constructeurs automobiles. Or, celle-ci, pour un quart, s’effectue en Chine, et sa croissance s’avère structurelle. Nous comptions, il y a 10 ans, quelque 63 millions de véhicules produits en Chine, aujourd’hui, il y en a 86 millions et sur les 14 millions de plus à horizon 2018 au niveau mondial, six seront fabriqués en Chine” a rappelé Laurent Burelle en introduction de son commentaire sur la présence de Plastic Omnium en Chine. Il en a profité pour souligner, non sans malice que, malgré les qualificatifs excessifs portant sur la production chinoise, la répartition mondiale affichait encore un certain équilibre : “On parle de “décroissance” en Chine, lorsque sa croissance ralentit un peu et on se lamente sur l’Europe, en “totale régression”. Les exagérations dans les deux sens font florès. Pourtant, en 2014, la Chine a assuré 25 % de la production automobile mondiale (21,8 millions de véhicules) quand l’Europe en représentait 24 % (France 2 %), l’Amérique du Nord, 20 % et l’Asie (hors Chine) 25 %, soit un bel équilibre entre Europe et Chine”. Cependant, on ne saurait faire abstraction du fait que la “croissance chinoise est tirée par le faible taux d’équipement des ménages” et de quelques autres atouts…

Environnement et demande intérieure

Toujours dans le cadre des “croyances”, Laurent Burelle a remis le curseur au bon endroit quant à la position des autorités chinoises sur l’environnement, avec en préambule ce mot : “Les normes environnementales se sévérisent partout dans le monde, en Chine aussi”. “Le marché chinois croît en volume et mise sur des véhicules moins polluants et plus légers, tout en investissant sur les infrastructures de transport”. Et ce constat est loin de déplaire à Plastic Omnium, dont les deux axes stratégiques convergent vers le même objectif : réduire le taux d’émissions par l’économie de poids via des matières plus légères et plus résistantes légères, et par l’innovation technologique en matière de systèmes à carburant et de dépollution ! L’innovation technologique, le sésame pour maintenir ses positions comme l’assure Laurent Burelle : “Dans cette croissance forte, Plastic Omnium dispose de deux atouts majeurs, la globalisation (pour les pare-chocs et les réservoirs, destinés sur les plateformes mondiales), et l’innovation (face aux normes environnementales qui se sévérisent). Pour la décade qui vient, les technologies principales de Plastic Omnium en cours et les innovations ont de belles années devant elles. A titre d’exemple, les dernières innovations technologiques du groupe qui arrivent sur ce territoire comme les 3 Tailgates lancées en production en 2014 (pour DS6 chez Capsa, XC 60, chez Volvo et Evoque chez JLR), un hayon full TP en 2015 (pour 308 chez DPCA), le 1er réservoir TSBM (juillet 2015) pour Shanghai General Motors ou le 1er réservoir pour véhicule hybride (INWIN) à destination de Volvo / Geely, témoignent de “la volonté des chinois de bénéficier des technologies les plus avancées”, confirme Laurent Burelle. Un président qui évoque avec sérénité la croissance des parts de marché de PO en Chine pour l’avenir : en 2014, celles-ci étaient de 18 % en pare-chocs, la prévision énoncée est de 25 % en 2018 ; et pour les systèmes à carburant, elles étaient de 8 % en 2014 et elles sont envisagées à 15 % en 2018. Soit un chiffre d’affaires multiplié par deux d’ici à 2018, à un milliard d’euros (avec YFPO à 50 %).

De belles perspectives

Au-delà de la croissance en elle-même, il est à noter des conditions qui tendent à favoriser Plastic Omnium comme, on en a parlé, la globalisation, qui, via les plates-formes mondiales, imposent de fabriquer le même réservoir partout dans le monde ou les spécificités mêmes du réservoir. Il reste, environ, dans le monde, 26 % des réservoirs encore en métal (13 % au Japon, ou en Corée, et le reste dans les pays émergents), soit un quart de la production qui basculera en plastique… Par ailleurs, la fluctuation du coût de la main-d’œuvre ne gênera en rien la rentabilité de Plastic Omnium, car les usines sont toutes fabriquées sur le même modèle et sont extrêmement productives grâce à un haut niveau d’automatisation, “la dernière usine installée en Chine étant, de fait, la plus moderne”. Enfin, les constructeurs mondiaux continueront de représenter 2/3 de la production mondiale et ce sont tous des clients de Plastic Omnium…

 

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