JOURNAL DE L’AUTOMOBILE. Que représente pour vous cette distinction ?
ALAIN CHARRIER. C’est aujourd’hui un couronnement pour moi et mes équipes. Cela fait vingt-deux ans que j’ai créé cette entreprise, mais j’ai commencé dans l’automobile en 1972, à la sortie de l’Audi 80. J’ai ainsi fait un petit bout de route. C’est donc quelque chose de très important pour moi. D’autant plus important que c’est un métier qui nous oblige à nous entourer de beaucoup de compétences. Nous vendons des voitures, nous les réparons, vendons les pièces de rechange qui vont avec, bref, il faut gérer une somme de métiers complexes en s’appuyant sur les bonnes personnes. Ce prix montre donc que mes collaborateurs et moi sommes dans le vrai.
JA. Beaucoup de directeurs de site associent justement leurs bons résultats à la stabilité de leurs effectifs. En quoi cette stabilité rejaillit-elle sur vos résultats ?
AC. C’est vrai que j’ai la chance d’avoir fait évoluer mon affaire en comptant sur une équipe fidèle, puisque mon chef de vente, mon chef d’atelier, mon responsable magasin et, surtout, ma responsable de gestion sont avec moi depuis le premier jour. Et mon chef VO, qui est entré comme apprenti, affiche désormais quinze ans de maison. Comment fait-on pour les garder ? La passion. Le produit nous y aide. Puis on a la chance d’avoir une clientèle très intéressante. Je dis à mes équipes que travailler n’est pas forcément toujours facile, mais j’essaye dans tous les cas de les mettre dans les meilleures conditions. Il s’agit de les respecter, eux et leurs aspirations, au travers de la formation par exemple, mais aussi, bien évidemment, en les intéressant à l’avancement de l’affaire.
JA. L’un de vos points communs avec les autres finalistes, c’est le profil familial de votre affaire. Peut-on dire, candidement, que la culture d’entreprise familiale, avec ce que cela revêt comme type de management et d’investissement, prime sur la rigueur des process en cours dans les structures de certains grands groupes, aux profils plus financiers ?
AC. En ce qui me concerne, c’est certain. J’ai plus une gestion paternaliste que la culture de groupe. L’esprit “groupe” est assez loin de ce qui se passe chez moi. Bien sûr, j’ai une équipe en place en termes de gestion et de marketing, avec un certain nombre de process rigoureux. Pour autant, cela ne se ressent pas dans la gestion quotidienne.