...qui les possèdent…
Peut-on parler encore de la Chine, alors que tout a été dit ? Sûrement, parce qu'il reste à bien réfléchir sur ce qu'il convient de faire, en Europe. On nous permettra d'intervenir sur un sujet aussi actuel. Nous ferons l'effort d'originalité qui s'impose, c'est promis, pour parler de ces nouveaux concurrents, qui ne sont pas pour autant des dragons invincibles ou des tigres invulnérables. Ils débarquent : on les a vus à Francfort. Même si les modèles qu'ils y ont exposés n'ont pas vraiment enthousiasmé les professionnels du secteur, on sent bien que cette nouvelle étape de l'approche des constructeurs chinois au marché européen entretient des inquiétudes à peine masquées par des commentaires suffisants. On a l'impression de revivre les réflexes craintifs et les velléités protectionnistes qui ont précédé l'arrivée en force des japonais. Or, il y a mieux à faire que de cultiver des craintes certes légitimes, mais stériles tout en se faisant des illusions sur les grandes murailles qui arrêteront l'envahisseur.
On n'arrêtera personne en multipliant et en accélérant encore la sortie de nouveaux modèles toujours recommencés, dont une partie non négligeable sont des clones des modèles concurrents. On sait que le résultat de cette brillante politique est la dissémination d'un nombre constant de consommateurs sur une quantité de modèles toujours plus vaste. Les Chinois (tout comme l'ont fait les Japonais puis les Coréens) vont prendre leur place sur le marché européen : on oserait en déduire que les autres constructeurs vont devoir perdre des volumes sauf s'ils réussissent à faire croître la demande. Après cette brillante démonstration, il reste à comprendre comment on peut y parvenir, puisqu'on a tout essayé. On dit aussi, sans doute avec raison, que les Chinois savent tout faire : des véhicules les plus économiques aux plus riches, à tous les niveaux de qualité et de prix. Les constructeurs européens, s'ils ne veulent pas prendre des coups, doivent donc commencer par revoir leur copie du côté de l'offre, afin de rester leaders dans ce domaine, chez eux. Et pour faire croître la demande. La leur, pas forcément celle des constructeurs chinois. Par exemple en s'attaquant au marché latent des véhicules économiques, type Logan, sujet dont nous avons déjà parlé dans le désert. Mais aussi en faisant l'effort d'analyser le marché potentiel des non acheteurs actuels, par exemple les moins de trente ans qui ne sont pas tous des ennemis de l'automobile, mais qui en ont assez des banalités technoélectroniques. Du côté de l'offre comme dans les autres domaines, l'arrivée des constructeurs du futur plus grand marché du monde rend nécessaire un réexamen des vieilles certitudes.