Maxus face au défi de la conquête du marché français

Antoine Maria n’est pas de nature à baisser les bras et à s’avouer vaincu. Le directeur général de Maxus France croit en ce qu’il fait, en ses équipes et en son projet. Même si les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des espérances, tant sur les volumes de vente que sur la capillarité du réseau de distribution. En 2026, espère le dirigeant, Maxus France dépassera les 2 000 immatriculations. À fin septembre, le constructeur chinois de véhicules utilitaires légers en est à 1 079, un volume en hausse de 13,5 %. "Nous maintenons notre objectif, mais c’est un véritable défi. Nous avons un bon rythme de commandes", confie Antoine Maria.
Il faut dire que le marché des utilitaires n’est pas simple. Il décroche de 5,6 % après neuf mois en 2026. "Il y a un décrochage depuis trois/quatre mois", constate le directeur général. Mais il ne se cherche pas d’excuses : "Nous avons du mal chez Maxus à nous dire que nous dépendons du marché, il est normal que nous soyons en croissance au regard de notre jeunesse sur le marché". Maxus doit toutefois batailler avec des marques françaises historiquement très fortes sur leur marché domestique, avec des réseaux solides et aguerris aux spécificités du VUL. C’est justement ce qui manque au néophyte.
80 sites et 3 000 immatriculations en 2027
"Malheureusement, nous n'avons pas nommé autant de concessionnaires que nous aurions souhaité, pour deux raisons principales, concède Antoine Maria. La première raison est que les investisseurs ne sont pas forcément suivis par leur banque. Certains voulaient débuter avec nous, mais ils ont été limités dans leur capacité à financer leur investissement. La seconde raison est que les showrooms disponibles sont très demandés, notamment par des marques VP". Les investisseurs ont davantage tendance à privilégier ces nouvelles marques VP, sans doute plus faciles à vendre. "Le VU reste un projet plus engageant, c’est une démarche vraiment particulière avec des vendeurs dédiés notamment. Cela a un peu retardé notre lancement et nous espérons avoir une soixantaine de concessionnaires d'ici la fin de l'année", assure Antoine Maria. En somme, c’est dix de moins que ce qui était prévu en début d’année.
Et puis, il y a la vie des réseaux avec des investisseurs qui ont quitté la marque, de leur fait ou sur décision de Maxus. La constitution d’un réseau d’agents, évoquée il y a quelques mois déjà, patine pour les mêmes raisons. Pour 2027, le développement réseau sera la priorité de l’équipe d’Antoine Maria. L’objectif est de monter à 80 sites, de quoi aller chercher les 3 000 immatriculations. "Notre croissance sera vraiment basée sur les ventes artisans et sur les ventes au niveau local", précise le dirigeant. Le réseau passera ensuite à plus de 100 sites fin 2028, une capillarité qui permettra alors de toucher de plus grands comptes nationaux.
Un réseau rentable
Antoine Maria n’échappe pas à la question de la rentabilité de ce réseau. À ce jour, il est rentable. "Les marges unitaires sont très importantes, l'idée est vraiment d'aller chercher un seuil de rentabilité très bas en termes de volume pour que tout le monde ait accès à cette rentabilité", assure-t-il. Le directeur général se félicite au passage de voir des investisseurs comme LVU ou Ponthou ouvrir des sites supplémentaires dans leurs régions respectives. La croissance de Maxus, importé dans l’Hexagone par Car East France, passera également par le produit. Le pick-up diesel T60 a constitué la bonne surprise avec 350 unités cette année. Entre 700 et 800 sont attendues l’an prochain avec la version fraîchement restylée. Ce véhicule est particulièrement demandé dans les départements et régions d'outre-mer.
L’arrivée de la boîte automatique sur le Deliver 7, de la cabine approfondie sur les Deliver 7 et Deliver 9 ou encore le prochain lancement du Deliver 5 en châssis-cabine doivent apporter leur contribution à la hausse des volumes. L’activité sera également soutenue, plutôt sur 2028, par un nouveau modèle positionné sur le segment C, délaissé par Maxus depuis l’arrêt du Deliver 3. Ce modèle sera décliné en électrique et en hybride rechargeable. Sa présentation est espérée pour l’édition 2027 de Solutrans, à Lyon. Antoine Maria ajoute que ce futur produit pourrait être assemblé en Europe, dans une usine SAIC, maison mère de Maxus et de MG.
Cette production européenne, si elle était confirmée, permettrait à Maxus de profiter des CEE bonifiés en France. Des aides auxquelles il n’a pas accès sur ses produits électriques actuels puisqu’ils proviennent de Chine. Ce qui n’empêche pas le constructeur de se mêler à la lutte avec des remises agressives. L’eDeliver 5 tourne autour de 25 000 euros en prix de transaction, un niveau jugé très compétitif par Antoine Maria.
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