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Constructeurs

L’Algérie sort de l’oubli

Publié le 1 avril 2005

Par David Paques
12 min de lecture
Viscéralement marquée par un accès difficile à l'indépendance, profondément troublée par les remous terroristes des années 90, l'Algérie s'est lentement enfermée dans un autisme international qui a fait les beaux jours des entreprises d'Etat. Le monde des affaires est ainsi, il n'échappe pas aux...
...dommages créés par la tectonique des plaques géopolitiques. Aujourd'hui, le pays change. Le secteur automobile en tête, l'Algérie bascule vers une économie de marché et attire de nouveau les industriels. Longtemps, le pays a porté les stigmates des drames qui ont jalonné son histoire. Ceux de son indépendance, ceux de la terreur, ceux d'un couvre-feu qui a cessé il y a deux ans à peine. Timidement, le pays tout entier s'est lancé dans une mutation. Amorcée par le gouvernement Bouteflika, la grande reconstruction est en marche. Les entrepreneurs se souviennent, s'intéressent. Les entreprises se multiplient. Alger la blanche, comme aiment à l'appeler ses habitants, est même le symbole de cette santé florissante. Pas une rue n'échappe au chantier. La moindre impasse donne à voir des ouvriers qui s'affairent. Tous cherchent à faire revivre l'éclat du blanc. Ce blanc, si cher aux Algérois, terni par une économie tombée jadis dans un carcan étatique. Partout, les petites sociétés sont à pied d'œuvre. Et les échafaudages qui s'enchevêtrent traduisent la nouvelle peau que se donne la capitale. Au détour des places et des allées escarpées, une concession, un garage, un petit revendeur de pièces, un agent multimarque. L'automobile se fond dans un nouveau décor. Celui d'Alger, de sa ferveur. Celui des rues et d'un parc, lui aussi en renouvellement. Dans un pays qui renaît, toute l'économie de l'automobile vit des heures enivrantes. Un chiffre, plus que tout autre, traduit cette atmosphère : le marché algérien vient de terminer l'année 2004 avec une croissance de 67 % par rapport à 2003. L'image de la 505 break Peugeot finissant sa vie sur les sentiers algériens prend de l'âge. L'heure n'est plus à l'occasion et aux importations sauvages. Les constructeurs sont bien présents. En témoigne, d'ailleurs, le succès du 9e Salon de l'automobile qui vient de fermer ses portes dans la capitale. Constructeurs, distributeurs, importateurs, réparateurs : le marché de l'automobile se donne une nouvelle structure. Une charpente occidentale dans laquelle se joue un match des plus musclés. Celui de l'Asie face à la France. Celui d'une concurrence qui en dit long sur l'activité qui foisonne dans le pays. L'Algérie revit, tout simplement. Nouvelle terre de conquête "L'embellie financière du pays profite à tout le monde." La mine réjouie, Mokhtar Mahdjoub, directeur de la communication Renault Algérie, goûte son plaisir. Dans un pays en chantier, l'automobile reprend des couleurs qu'elle ne semblait plus en mesure de connaître. Mais aujourd'hui, le pays est sorti de sa torpeur et l'Algérie s'ouvre. Elle communique, elle reçoit les entrepreneurs. Elle est même devenue un terrain fertile aux ambitions des constructeurs. L'Algé[...]

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