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Constructeurs

La Turquie à bras ouverts

Publié le 24 juin 2005

Par David Paques
13 min de lecture
Alors qu'en octobre prochain doivent à nouveau s'ouvrir les négociations quant à la possible entrée de la Turquie dans l'Union européenne, l'industrie automobile continue de couler des jours délicieux sous le soleil d'Anatolie. Voilà quatre ans que constructeurs et équipementiers tirent profit...
...d'une économie redevenue propice à leur développement local. Et malgré quelques craintes pour le proche avenir, tous les indicateurs du marché restent au beau fixe. Objets de craintes exacerbées de part et d'autre de l'Europe, la Turquie et ses 73 millions d'habitants sont depuis quelques mois pointés par nombre "d'Alter-Européens" pour la simple raison qu'ils symbolisent l'Europe dont ils ne veulent pas. Rejetés qu'ils sont par ces militants d'une autre Europe qui clament à qui veut l'entendre que le libéralisme économique ne doit en aucun cas présider aux destinées des peuples du Vieux Continent. Pourtant, la Turquie s'avère depuis longtemps déjà un terrain fertile aux marges des grands industriels, parmi lesquels d'ailleurs se trouvent de grands noms de l'automobile. Et c'est précisément sur cette relation économique que se sont basés les échanges commerciaux qui lient aujourd'hui ZOOM1996 : le tournant douanier Développée au début des années 70 avec l'implantation de Renault et de Fiat par le biais de joint-ventures, l'industrie automobile turque était orientée vers le marché local et protégée par des barrières douanières. On la taxait alors volontiers d'industrie d'assemblage. L'entrée en vigueur de l'accord douanier avec l'Union européenne en janvier 1996 a provoqué une mutation rapide du secteur. La Turquie s'est ouverte et son marché intérieur a pris une tout autre dimension ces quatre dernières années.les héritiers d'Atatürk à toute l'industrie occidentale. Quel que soit, par ailleurs, l'avenir des négociations intégrationnistes, la Turquie n'est résolument pas réductible à l'image fortement connotée d'une plate-forme de production dont les coûts menaceraient l'ouvrier spécialisé des campagnes françaises. Car même si désormais 60 % de la production automobile turque est destinée à l'exportation, contre 8 % en 1997, le marché domestique y a subi de grands remous et se veut finalement porteur de belles opportunités. Depuis quatre ans, en effet, et la fin de l'inflation, équipementiers et constructeurs rendent grâce à Midas de s'être lavé les mains à la source du fleuve Pactole. Car c'est précisément sur ses rives que les industriels du secteur se sont abreuvés pour asseoir leur succès. Et, désormais, leurs productions valent de l'or. Car l'opportunité stratégique de ces territoires de conquête est d'une réelle consistance. Précisément parce que la Turquie n'est pas cette terre d'asile pour délocalisateurs patentés que certains s'obstinent à conspuer, mais justement parce qu'elle est une puissance économique dont le parc automobile est en grande partie à reconstruire, pour ne pas dire à construire purement et simplement. Le consommateur turc est aujourd'hui une aubaine pour qui s'est aventuré dans le pays. Et si les ambitions européennes du Premier ministre Tayyip Erdogan sont si intenses, c'est parce que son pays a entamé une mutation dont les aspects nouveaux se fondent sur la laïcité traditionnelle et le libéralisme. En témoigne l'appréciation de la monnaie survenue en janvier dernier. La Turquie a en effet entamé 2005 en ôtant 6 zéros à ses billets, comme un pied de nez à cette inflation galopante et à la crise survenue dans le pays en 2001. Aujourd'hui, le pays s'offre des prétentions à mesure que les industriels, et notamment [...]

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