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François-Xavier Castille, Arval : "Athlon nous apporte environ 330 000 véhicules financés en LLD et près de 60 000 en gestion"

Publié le 17 septembre 2026

Par Damien Chalon
7 min de lecture
Après avoir obtenu le feu vert des autorités de la concurrence européennes, Arval a conclu le rachat d’Athlon le 31 juillet 2026. Une nouvelle opération d’envergure sur le marché européen de la location longue durée. François‑Xavier Castille, directeur général adjoint d’Arval, revient sur les enjeux liés à cette acquisition.
françois xavier castille arval
François-Xavier Castille, directeur général adjoint d'Arval. ©Arval

Le Journal des Flottes : Arval a finalisé l’acquisition d’Athlon le 31 juillet dernier, après avoir obtenu toutes les autorisations des autorités européennes compétentes. Ontelles été conformes à ce que vous espériez ? À aucun moment il n’a été question de céder une ou plusieurs entités pour respecter le jeu concurrentiel ?

François-Xavier Castille : Nous avons reçu tous les accords de l’Union européenne mi‑juillet, ce qui nous a permis de finaliser l’acquisition d’Athlon le 31 juillet. La décision des autorités de la concurrence a été totalement conforme à nos attentes, aucune cession d’actifs n’a été exigée de leur part pour donner le feu vert à l’opération. Arval n’a de position dominante dans aucun des pays concernés par cette acquisition.

 

JDF : Que représente ce nouvel ensemble Arval/Athlon à l’échelle internationale ? Dans quel pays ce rachat renforcetil le plus votre position sur le marché de la LLD ?

F-X. C. : Cette opération permet à Arval d’atteindre un parc combiné de 2,3 millions de véhicules. Athlon nous apporte environ 330 000 véhicules financés en location longue durée et près de 60 000 en gestion. Arval, de son côté, représentait à lui seul 1,9 million de contrats de LLD fin 2025. Les trois pays où nous nous renforçons le plus sont dans l’ordre les Pays‑Bas, d’où est originaire Athlon, la France et l’Allemagne. Dans ces trois pays combinés, Athlon dispose de plus de 220 000 voitures sous contrat, dont environ la moitié aux Pays‑Bas. Arrivent ensuite l’Espagne, la Belgique, la Suisse, le Portugal, la Pologne ou encore le Luxembourg. Pour rappel, Athlon est présent en direct dans dix pays européens et dispose de partenariats locaux ailleurs sur le Vieux Continent. Arval est implanté de son côté dans 28 pays, en Europe et en Amérique du Sud notamment, ce qui va permettre d’élargir l’offre aux clients d’Athlon afin qu’ils puissent se développer sur de nouvelles zones géographiques.

 

D’ici environ deux ans, tout le monde travaillera sur le même outil

 

JDF : Plus spécifiquement à l’échelle de la France, combien de véhicules cumulent Arval et Athlon ?

F-X. C. : Sur le périmètre France, l’addition des parcs d’Arval et d’Athlon donne un total de 420 000 voitures en location longue durée. Athlon dispose également d’importants partenariats dans l’Hexagone, dont un majeur avec BPCE autour de Multifleet. C’est un partenariat que nous comptons bien perpétuer.

 

JDF : Quelles sont les principales synergies attendues dans les mois à venir ?

F-X. C. : Si je ne devais en citer qu’une seule, ce serait celle des investissements. Nos métiers demandent énormément de ressources, notamment dans les outils informatiques, dans le digital, dans l’intelligence artificielle. Plus notre taille sera importante, plus nous aurons la capacité d’investir sur ces sujets‑là afin d’optimiser et d’améliorer la gestion des véhicules, la relation client ou encore le remarketing. Nous sommes dans un domaine où il faut investir continuellement dans de nouveaux produits, de nouvelles offres, de nouveaux outils.

 

 

JDF : En parlant d’outils, à quelle échéance la bascule vers les systèmes informatiques d’Arval vatelle s’opérer ?

F-X. C. : Nous avons élaboré un calendrier prévisionnel qui nécessite encore quelques ajustements. Mais le but est effectivement que tout bascule à court et à moyen termes sur le système informatique central d’Arval. D’ici environ deux ans, tout le monde travaillera sur le même outil. Le rythme d’intégration se fera par pays et en fonction des segments de clientèle.

 

JDF : Audelà des outils, pourriezvous piocher chez Athlon des produits et services potentiellement plus performants que ceux proposés par Arval ?

F-X. C. : Nous étions concurrents jusqu’au 31 juillet et nous avons respecté scrupuleusement cette réalité jusqu’à la signature finale. Nous avons depuis mis en place des groupes de travail pour examiner ce qui se fait des deux côtés, pour voir ce qu’attendent leurs clients et leurs partenaires… Cela va nous permettre d’établir une stratégie. Maintenant, je précise qu’Athlon représente 18 % d’Arval, une proportion assez similaire à celle de GE Capital Fleet Services que nous avons racheté en 2015. Tout cela pour dire que nous savons gérer ce type de rapprochements. Ce n’est pas un mariage à 50/50. Nous allons agir de manière pragmatique sur les 10 pays où Athlon était présent, avec une équipe dédiée au niveau central et dans chaque pays.

 

Athlon, bien qu’étant un loueur rattaché à Mercedes‑Benz, a un parc très varié en termes de marques

 

JDF : L’électrification est l’un des sujets centraux des acteurs de la LLD. Les feuilles de route d’Arval et d’Athlon sontelles du même ordre ou estce que le niveau de maturité diffère ?

F-X. C. : Notre stratégie est globalement assez proche. Athlon, bien qu’étant un loueur rattaché à Mercedes‑Benz, a un parc très varié en termes de marques. La marque à l’étoile est légèrement surreprésentée mais sans plus. Ensuite, sur l’électrification, ils sont un peu plus matures que nous dans la mesure où ils sont plus gros qu’Arval dans les pays où l’électrification des flottes est à un stade plus avancé. Je pense particulièrement à la Belgique et aux Pays‑Bas. Je rappelle qu’Athlon n’est pas présent en Amérique du Sud et en Europe centrale par exemple, contrairement à Arval, or l’électrification est à un stade peu avancé dans ces zones.

 

JDF : Les clients d’Athlon qui passent commande d’un nouveau véhicule depuis le 1er août le fontils aux conditions d’Arval ou là aussi la migration va se faire progressivement ?

F-X. C. : Rien n’a changé depuis le 1er août pour la simple et bonne raison que beaucoup de personnel était en vacances. Mais très rapidement, bien sûr, le but est que tous les avantages d’Arval, que ce soit sur les achats, sur la couverture géographique, sur les offres ou sur les produits, bénéficient aussi aux clients d’Athlon. Et vice versa quand de temps en temps, Athlon aura des produits ou des remises supérieurs aux nôtres.

 

 

JDF : Maintenant que vous pesez 2,3 millions de véhicules dans le monde, escomptezvous négocier des conditions encore plus attractives auprès des constructeurs et plus globalement de l’écosystème BtoB ?

F-X. C. : Nous espérons, bien entendu, que notre nouvelle taille nous permettra d’optimiser davantage nos achats et de renforcer notre efficacité opérationnelle. Évidemment du côté des constructeurs, mais aussi dans les domaines de l’après‑vente, de l’assurance, de l’assistance, du transport, de la logistique…

 

JDF : Le nom d’Athlon vatil être conservé ou l’objectif, le plus logique sans doute, estil d’évoluer sous une seule marque ? Cette marque unique seratelle Arval ou pourriezvous rebaptiser le nom du groupe ?

F-X. C. : Cela coûte cher de communiquer sous plusieurs marques. L’idée est donc de n’en garder qu’une seule, en l’occurrence Arval qui est très connue dans le monde.

 

Nous voulons maintenir dans le même temps notre trajectoire de croissance organique

 

JDF : Le marché de la LLD est désormais très concentré autour de deux acteurs majeurs, Ayvens et Arval, autour desquels gravitent quelques outsiders régionaux et des captives de constructeurs. Quel regard portezvous sur ce nouvel équilibre ?

F-X. C. : Il faut tout d’abord avoir à l’esprit que la location longue durée ne représente qu’une partie du financement automobile global, à côté du crédit classique et de la LOA notamment. Maintenant, il est vrai que le secteur de la LLD est composé de deux grands loueurs internationaux, Arval et Ayvens, auxquels on peut joindre Alphabet qui est un acteur dynamique. Viennent s’ajouter aussi les captives des constructeurs, ainsi que des loueurs locaux. Il y a encore de la concurrence qui reste importante. Maintenant, des opérations de rapprochement d’envergure comme la nôtre ne seront plus très nombreuses. Et comme je le disais précédemment, la LLD implique d’importants investissements, rester petit s’avère donc assez compliqué.

 

JDF : Que change enfin cette opération sur la dynamique d’Arval de ces dernières années ?

F-X. C. : Clairement, cette opération va consolider la force d’Arval avec toutes les synergies évoquées précédemment. Nous voulons maintenir dans le même temps notre trajectoire de croissance organique, qui est d’environ 5 % par an depuis plusieurs années. Nous souhaitons continuer aussi notre développement sur la voiture électrique avec des objectifs très précis. La trajectoire reste donc la même sur une base plus importante. Arval dévoilera d’ailleurs son nouveau plan stratégique au premier trimestre 2027.

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