Drivalia, la carte maîtresse du Crédit Agricole dans la LLD ?

Longtemps absent des débats sur le marché de la location longue durée, le groupe Crédit Agricole fait désormais figure de poids lourd du secteur. Une montée en puissance fulgurante initiée au début des années 2020, principalement au profit de la réorganisation des services financiers de Stellantis, lors de sa création.
Le vaisseau amiral du groupe est évidemment Leasys, coentreprise à 50/50 avec Stellantis justement. L’entité, fruit d’une fusion de Leasys et de Free2Move Lease, a vu le jour en 2023 et compte désormais près d’un million de véhicules sous contrat en Europe. Le loueur est principalement focalisé sur la LLD de véhicules des marques du groupe Stellantis via les réseaux de distribution du constructeur.
Présence dans 16 pays européens
Au niveau national, le groupe Crédit Agricole peut également s’appuyer sur Agilauto, le loueur longue durée des réseaux bancaires, à savoir les Caisses régionales du Crédit Agricole et LCL. Actif lui aussi depuis 2023, il compte actuellement 15 000 véhicules en parc et vise les 50 000 en 2028.
La troisième structure de LLD de l’acteur bancaire se nomme Drivalia, une filiale de Crédit Agricole Auto Bank. Elle est active dans 16 pays et se veut multimarque. Drivalia est la proposition du groupe qui se rapproche le plus, en termes de modèle, des géants du secteur que sont Arval et Ayvens.
Le loueur, né sous sa forme actuelle fin 2022, a vite grandi, entre autres grâce à la reprise, en 2023, des actifs d’ALD Automotive en Norvège et en Irlande, ainsi qu'à celles de LeasePlan en République tchèque et en Finlande. Des cessions imposées par la Commission européenne en vue de la création d’Ayvens.
Actuellement, Drivalia est à la tête de plus de 200 000 véhicules sous contrat en Europe, dont 10 000 en France. Jean-Luc Mas, directeur de Drivalia dans l’Hexagone, aime à dire que le loueur longue durée est encore en "mode start-up". L’ambition est de dépasser "rapidement" les 10 000 véhicules à l'échelon national, puis les 15 000 véhicules fin 2026 et les 20 000 en 2028. Au niveau continental, l’objectif est d’atteindre 300 000 véhicules fin 2028.
Marques blanches et groupes de distribution
"Nous souhaitons rester sur un modèle de développement raisonnable basé sur la croissance organique, confie Jean-Luc Mas. Nous allons pour cela chercher directement les grandes flottes avec l’avantage de notre dimension européenne, mais aussi les comptes nationaux de toutes tailles".
La société compte également se développer sur le marché de la LLD en marque blanche, soit à l’échelon européen, soit au niveau national. Des discussions sont ainsi en cours entre la filiale française de Drivalia et un constructeur à la recherche d’un nouveau partenaire pour sa captive hexagonale.
Les groupes de distribution sont eux aussi dans le viseur. "Nous pouvons proposer des solutions de LLD aux concessionnaires partenaires de CA Auto Bank et nous pouvons aussi aller plus loin dans la relation en construisant avec eux des structures de LLD en joint-venture ou en marque blanche, comme c’est le cas par exemple avec BPM", poursuit Jean-Luc Mas.
À noter qu’en France, Drivalia compte également dans ses rangs le loueur courte durée Rent and Drop, doté d’une flotte de 5 000 véhicules. D’autres offres de location courte et moyenne durée figurent parmi ses activités. À cela viennent s’ajouter des partenariats avec Fatec sur les services de gestion de flotte technique et opérationnelle et avec Hiflow sur la logistique des véhicules.
Place à prendre
Fort de ce dispositif, le directeur de Drivalia France est convaincu qu’une place est à prendre sur l’échiquier de la LLD, d’autant plus à l’heure où les opérations de concentration limitent le choix des clients.
"C’est un atout que de pouvoir proposer à un client des offres de location allant d’un jour à cinq ans ou plus, souligne Jean-Luc Mas. Nous avons de réelles opportunités qui se présentent à nous, notamment sur les petites et moyennes entreprises, qui sont quelque peu délaissées par les grands acteurs du secteur. Ces derniers ont perdu en flexibilité, en réactivité et en adaptabilité, là où Drivalia est agile et peut répondre à tout type de besoins".
Le loueur, en plus des différents formats de location, propose déjà dans son catalogue des prestations telles que l’autopartage électrique (E+Share Drivalia, déjà opérationnel à Lyon) et la location de véhicules d’occasion électriques. Le développement de partenariats avec des courtiers en LLD figure également à l’agenda.
La montée en puissance attendue passera enfin par des recrutements. "J’ai actuellement une équipe agile et dynamique, avec notamment un expert du secteur comme Jean-Loup Savigny au poste de directeur commercial, confie Jean-Luc Mas. Nous allons par la suite recruter dans le domaine du remarketing en vue de nos premiers retours de location et dans celui du marketing digital pour toucher davantage les PME et les particuliers".
Nouvel outil informatique
Pour les fonctions support et la force de frappe commerciale, Drivalia peut évidemment s’appuyer sur les ressources de CA Auto Bank. La maison mère apportera en outre son nouvel outil informatique spécifiquement développé pour le métier de la LLD. Il sera déployé entre 2026 et 2027 dans l’ensemble des pays où Drivalia est présent.
Tous les pions seront alors en place pour faire du loueur une alternative solide dans le paysage de la location longue durée.
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
