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Industrie

La filière automobile confrontée à la pénurie

Publié le 29 octobre 2004

Par Alexandre Guillet
11 min de lecture
La hausse des prix et surtout la pénurie d'acier et de métaux non ferreux posent des problèmes graves à la filière automobile. Les prix devraient se stabiliser à un niveau encore élevé en 2005. En attendant, les acteurs de la filière se sont réunis en table ronde pour "une meilleure gestion de...
...la hausse des prix". Depuis 2003, tous les facteurs convergent pour que le marché des matières premières industrielles soit en surchauffe. Le premier, c'est la hausse du prix du pétrole qui augmente les coûts de production. Le second est que cette hausse du pétrole, liée à l'instabilité géopolitique, est soutenue par la croissance de la demande mondiale et en particulier de la Chine. Celle-ci, dans sa frénésie productive et consommatrice, a contribué à 40 % de l'augmentation de la demande mondiale de pétrole et à 60 % de celle de la demande mondiale de métaux en 2003. Troisième facteur, les fonds d'investissements : "Les taux d'intérêt sont bas, les marchés d'action moribonds, donc les spéculateurs se tournent vers le marché des matières premières et amplifient les effets de hausse", explique Emmanuel Hache, spécialiste des matières premières au Centre d'observation économique de la CCIP. Pour autant, l'Europe a été protégée en 2003 : "Si les prix des matières premières industrielles ont augmenté de près de 17 % en dollars en 2003, ils ont diminué d'environ 2 % en euros, après une baisse de près de 6 % en 2002", constate Emmanuel Hache. Toutefois, depuis la mi-février 2004, le repli de la monnaie européenne a redonné de la compétitivité aux entreprises européennes exportatrices, mais ne permet plus d'amortir les hausses du prix des matières premières libellées en dollars. La crainte d'un ralentissement violent de la croissance chinoise qui aurait mis un frein à la hausse n'a pas eu lieu. "Ainsi, en 2004, l'offre de métaux non ferreux a été insuffisante pour satisfaire la demande, entraînant un rebond des cours en septembre", poursuit Emmanuel Hache. Et de conclure : "Même si les marchés resteront volatiles, les pics ont été atteints. Le ralentissement de la demande chinoise va se faire en douceur et les cours devraient légèrement baisser, en 2005, de l'ordre de 4 % pour les métaux non ferreux." Une baisse bien modeste comparée à la hausse moyenne de 37 % estimée pour 2004. Des hausses lourdes de conséquences pour la filière automobile L'acier, dont le prix n'est pas coté, mais défini par les producteurs eux-mêmes, n'est pas en reste. "Les prix varient entre les marchés américain, européen et asiatique, mais, en moyenne, l'acier augmente régulièrement depuis 2002, de 18 % en 2003 et de 35 % en 2004", explique Emmanuel Hache. Un quotidien allemand soulignait en juin dernier que, "pour la troisième fois depuis le début de l'année, ThyssenKrupp relève le prix de ses aciers plats à compter du 1er juillet. Cette hausse, de l'ordre d[...]

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