Edito : Magister
Durant mes années estudiantines en Sorbonne, lorsque j’avais tendance à folâtrer, voire à m’égarer, je me souviens des stimulations acérées de Michel Zink et Antoine Compagnon me rappelant que l’université était jadis surnommée “le quadrilatère de l’intelligence”… Le président de l’Automobile Club de France n’a pas eu ce genre de rappel à faire en invitant Carlos Ghosn à rejoindre la tribune dans la bibliothèque. Et le cours magistral du patron de l’Alliance sur l’avenir de l’automobile de débuter.
Un brillant exposé panoramique et mondialisé, articulé autour de quatre pierres angulaires. Le véhicule du futur devra répondre à quatre impératifs inaliénables : l’amélioration de la sécurité, l’aptitude à rendre le temps plus disponible et plus agréable, la réduction des impacts sur l’environnement et enfin, la capacité à rendre la voiture accessible à tous. En filigrane, on retrouve la stratégie de l’Alliance et notamment le défi du véhicule autonome, forcément connecté, des énergies alternatives, comprenant toujours l’électrique, et d’une offre low-cost sur les pays émergents. La plupart de ces défis sont proposés à l’ensemble des acteurs de l’industrie automobile et Guillaume Devauchelle, directeur R&D de Valeo, présent dans la salle, soulignait d’ailleurs la très étroite convergence des recherches des principaux acteurs de la filière.
Faute de temps, il manquait deux côtés au polygone (tiens, cela aurait fait un hexagone ou un hexaGhosn !), car nous aurions aimé entendre Carlos Ghosn évoquer la géopolitique, sujet sur lequel il excelle et qui concerne fortement l’Alliance avec Avtovaz ou les projets EuroMed, et la problématique du facteur social à une échelle désormais planétaire.
Plus accessible que par le passé, Carlos Ghosn, tenant d’une vieille industrie, tend à rejoindre le clan des visionnaires, dans la veine des Dyson et Musk. Et si les paris du véhicule autonome et du VE sont un jour gagnés, il prendra place à côté de Steve Jobs auquel son ancienne compagne Joan Baez avait une fois demandé : “Ça fait quoi d’avoir changé le monde ?”.
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