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Phoenix Mobility industrialise le rétrofit de véhicules utilitaires

Publié le 27 mai 2022

Par Nicolas Girault
5 min de lecture
La start-up grenobloise lance officiellement son offre de rétrofit de véhicules utilitaires. Phoenix Mobility a ainsi invité des professionnels à tester un Renault Trafic converti à l'électrique pour les convaincre de transformer leurs VUL.
Une partie de l'équipe de Phoenix Mobility pose devant le VUL présenté à l'essai. De gauche à droite, Chloé Chambrey, Marwan Masmoudi, Charlotte Desprez, Elise Lemoine, Théo Sorret (en bas) et Antoine Desferet. ©JA
Une partie de l'équipe de Phoenix Mobility pose devant le VUL présenté à l'essai. De gauche à droite, Chloé Chambrey, Marwan Masmoudi, Charlotte Desprez, Elise Lemoine, Théo Sorret (en bas) et Antoine Desferet. ©JA

Après quatre ans de recherche et développement, Phoenix Mobility a proposé à divers gestionnaires franciliens de flotte publics et privés de prendre le volant d'un Renault Trafic équipé d'une chaîne de traction électrique. Cet évènement organisé du 17 au 19 mai 2022 par le spécialiste grenoblois du rétrofit marquait le coup d'envoi de la commercialisation de la tant attendue offre de conversion d’utilitaires thermiques en véhicules électriques.

 

"Nous avons déjà rétrofité une dizaine de dépanneuses sur base de Toyota Land Cruiser. Elles circulent actuellement en Ile-de-France", annonce Antoine Desferet, co-cofondateur et directeur des revenus de la start-up. Pour l’instant, l'entreprise transforme uniquement des Renault Trafic, en attendant d’autres VUL.

 

Pour les grands groupes, artisans et collectivités intéressés, il faut compter 28 000 euros HT de frais d'installation d’un kit sur un Renault Trafic et bientôt 40 000 euros HT pour un Renault Master. Des sommes pouvant être rabaissées à respectivement 19 000 euros et 31 000 euros, avec les diverses subventions disponibles.

 

Rappelons qu'en comparaison, selon le catalogue officiel du constructeur, un Renault Master ZE électrique se monnaie à partir de 55 000 euros HT (hors aides), tandis que le Renult Trafic n’existe pas encore avec ce type de motorisation. Par ailleurs, "sur l’ensemble du cycle de vie d’un véhicule, un modèle rétrofité est 40 % moins polluant qu’un VN électrique", affirme Antoine Desfret.

 

Plus d'intérêt des clients pour les VUL

 

Le système monté sur le Renault Trafic et homologué à l’UTAC par Phoenix Mobility emploie un moteur de 34 kW/h. Son bloc de batteries (installé à la place de l’ancien réservoir) et capable de supporter 2 500 cycles de charge-décharge se complète d'un système de freinage régénérateur d’énergie. L’ensemble présente 157 kilomètres d’autonomie – la version en préparation sur le Renault Master sera supérieure – soit une capacité équivalente à celle de plusieurs rivaux sortant d'usine. Son surpoids est de 100 kilos en comparaison avec le modèle d’origine. La réglementation (identique à celle sur le GNV) lui permet toutefois de conserver sa charge utile.

 

A l’origine de ce projet, "nous sommes partis de la question qu’allons-nous faire des millions de véhicules thermiques lors de l’électrification du parc ? Nous avons lancé une étude de marché au cours de laquelle 20 000 demandes de devis nous ont été envoyées pour des VP. Mais le taux de transformation en vraies commandes était très faible, en comparaison avec celles concernant les utilitaires – pourtant moins nombreuses au départ", raconte Antoine Desfret. Il précise que la clientèle professionnelle soumise aux contraintes des ZFE a davantage intérêt à transformer ses VUL, notamment lorsqu’ils sont déjà aménagés et floqués.

 

La jeune pousse a déjà lancé la conversion des véhicules sur son site de Grenoble (38) d'une superficie de 1 500 m2, qui devrait être officiellement inauguré en juin prochain. Six de ses techniciens (appelés à être bientôt renforcés par une équipe plus importante) y opèrent sur les VUL, au rythme de trois transformations à l'électrique en même temps. Ils remplacent leur moteur thermique en environ 14 heures. Un travail qui ne devrait pas poser de problèmes pour un réparateur familier de l’architecture de ce modèle d’utilitaire.

 

Plus de 2 000 conversions visées en 2023

 

Car, parallèlement à la commercialisation de ce service, Phoenix Mobility met en place son réseau de garagistes partenaires. Il en compte déjà une vingtaine, mais la jeune entreprise a maintenant sérieusement besoin de densifier son maillage pour élargir sa clientèle. Son ambition est d’en rassembler une centaine d’ici à la fin de l’année. D'abord recrutés pour assurer la maintenance de ce parc naissant, les plus motivés d'entre eux pourront à terme convertir eux-mêmes les VUL. Les premières formations à l’installation de kits sont prévues début 2023.

 

En créant ce réseau, l'entreprise veut relayer sur le terrain son offre d'assistance et diagnostic à distance (6 jours sur 7), ainsi que ses garanties sur les composants de ses kits. Ses services comprennent aussi des offres de financement, d’aide à l’installation de bornes de recharge et de formation des conducteurs à l’écoconduite.

 

Avec ce réseau, l’objectif de la jeune pousse est de proposer un panel de prestations à ses clients professionnels comme la mise en relation avec des réparateurs agréés, par exemple. Des prestations de carrosserie et de sellerie lui sont ainsi présentées. Tandis qu’une offre de remise à neuf complète du VUL, en complément du rétrofit, est à l’étude.

 

La start-up espère atteindre plus de 2 000 conversions par an entre 2023 et 2024. Ses dirigeants ont calculé que l’ensemble de leurs développements seront amortis à partir de 800 VUL transformés. Leur force repose sur 35 salariés, dont 27 ingénieurs et sur un trésor de 3 millions d’euros issus d'une levée de fonds bouclée en octobre dernier. Les fondateurs de Phoenix Mobillity s’apprêtent à en lancer une nouvelle pour monter encore en régime.

 

A lire aussi : Phoenix Mobility va ouvrir une usine pour le rétrofit

 

L'entreprise compte donc livrer une vingtaine de Renault Trafic électrifiés cette année et prévoit d’en convertir 200 à 300 en 2023. L’an prochain, elle lancera parallèlement la transformation des Renault Master. Ceux-ci devraient être rétrofités dans l’Ouest de la France. Le site définitif n’a pas encore été sélectionné à ce jour. Ensuite, il sera question de proposer des modèles d’autres constructeurs, notamment de la famille Stellantis, tels que les Fiat Ducato, Citroën Jumper, Peugeot Boxer, etc.

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