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Les véhicules électrifiés sont de plus en plus réclamés dans les flottes

Publié le 6 juin 2022

Par Gredy Raffin
5 min de lecture
Parmi les nombreux enseignements de l'édition 2022 du baromètre EVBox de la mobilité, il apparaît une demande de plus en plus forte des salariés d'entreprises pour des véhicules électriques.
Les Européens estiment que l'intégration de véhicules électriques de fonction à la car policy rendrait les employeurs plus attractifs.
Les Européens estiment que l'intégration de véhicules électriques de fonction à la car policy rendrait les employeurs plus attractifs.

Les véhicules électriques et hybrides sont de plus en plus acceptés par la population européenne et française en particulier. Tel est l'un des enseignements majeurs de l'édition 2022 du baromètre EVBox de la mobilité, dévoilée le 2 juin 2022.

 

Selon un sondage mené en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et Royaume-Uni auprès d'échantillons de 2 204 personnes, de 947 conducteurs de VE potentiels et de 332 conducteurs actuels, soit un total de près de 4 000 citoyens, il apparaît clairement qu'en deux ans, les modèles électrifiés sont entrés dans les mœurs.

 

"Leur adoption se fait désormais par des populations de tous âges et de tous niveaux d'étude", constate Corinne Frasson, la directrice France d'EVBox, à la lecture des résultats. Mais ce qui frappe dans le bilan du sondage relève du secteur professionnel.

 

En effet, entre 2020 et 2022, la part des employés Français qui souhaitent se voir proposer un véhicule électrique de fonction a grimpé de 16 % à 55 % au sein de la population générale. Chez les conducteurs potentiels, cette statistique a fait un bond à 71 % (contre 22 % en 2020).

 

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Des taux impressionnants qui restent cependant en-dessous des moyennes européennes (57 % pour la population générale et 73 % pour les potentiels conducteurs). Il faut regarder du côté du Royaume-Uni pour avoir les meilleurs scores (62 % et 75 %).

 

Une dynamique telle que les sondés jugent que le fait de proposer des véhicules électriques de fonction rendrait les employeurs plus attractifs. A l'échelle de l'Europe, cette part monte à 38 % dans la population générale (+10 pts en deux ans) et à 57 % chez les conducteurs potentiels (+11 pts). Elle a moins d'impact chez les actuels conducteurs (60 % contre 63 % en 2020).

 

En France, les répondants s'illustrent dans ce domaine. Intégrer des véhicules électrifiés dans la politique de l'entreprise fait mouche auprès de 42 % de la population générale (contre 26 % en 2020) et 61 % des conducteurs potentiels (contre 32 % auparavant). Là encore, seul le Royaume-Uni (avec respectivement 51 % et 68 %) fait mieux.

 

Pleine implication des employeurs

 

Cet état de fait engendre des attentes vis-à-vis des employeurs. Pour 50 % de la population générale française, les employeurs devraient couvrir les frais de recharge à domicile d'une voiture de fonction électrique. Ils sont 65 % à le penser parmi les potentiels conducteurs.

 

Lorsque le sujet s'élargit à toutes les formes d'infrastructures de bornes de recharge, ils sont alors 59 % dans la population générale française et 69 % chez les potentiels conducteurs de VE à requérir une couverture des frais de recharge. La moyenne européenne est dans les deux cas 1 point au-dessus.

 

Pour la plupart des conducteurs potentiels de véhicules électriques, les entreprises devraient mettre des bornes de recharge à la disposition de leurs clients. C'est vrai à 83 % à l'échelle européenne et à 84 % en France, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Dans la population générale, cette opinion s'affirme moins avec 69 % des Européens et 70 % des Français.

 

Vers plus de charges en temps masqué

 

"Il y a un intéressant changement de paradigme, note ensuite Corinne Frasson. Il semble que les gens ont envie de profiter des temps masqués pour procéder à la recharge de leur véhicule". Cette analyse, la directrice d'EVBox France la tire de l'observation des lieux de connections à une borne.

 

En 2022, les conducteurs français rechargent encore majoritairement à domicile (65 % des réponses), mais par rapport au résultat du baromètre 2020, la liste des lieux s'est diversifiée. Les supermarchés (28 % des réponses), les restaurants (13 %) ou encore les hôtels, les infrastructures sportives et les fast-food (7 %) sont entrés dans le quotidien.

 

Un mouvement qui applique une pression sur les commerces. Les attentes sont particulièrement fortes à l'encontre des supermarchés, puisque 30 % des sondés veulent y voir plus de bornes, des restaurants (22 %), des centres commerciaux et des hôtels (20 %). Mais surtout les conducteurs souhaitent plus d'infrastructures sur leur lieu de travail et sur la voie publique (33 %).

 

"Nous voyons que la demande sur le bord des autoroutes est moindre, passant de 22 % à 17 % entre les deux éditions, ce qui tend à prouver que les conducteurs pensent différemment maintenant", interprète encore la directrice de la filiale tricolore.

 

Anxiété à la française

 

Cependant, les conducteurs expriment toujours des craintes. Environ 1 conducteur de véhicule électrique sur 4 craint toujours de ne pas pouvoir recharger sa voiture au cours de son trajet. Les Français se montrent les plus anxieux en la matière, car 36 % des conducteurs de VE doutent de leur chance à toujours trouver une infrastructure au moment souhaité.

 

Mais une fois devant la borne, ils sont une majorité à ne rapporter aucun problème particulier lors de leurs dernières expériences (39 % des conducteurs français). Autrement, la panne de la borne (33 %), l'attente (33 %), l'incompatibilité de la carte (17 %) ou de la voiture (13 %) sinon l'absence de solution de paiement (7 %) constituent les principales difficultés rencontrées.

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