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Essai Mercedes-Benz GLC : nouveau chapitre électrique

Publié le 23 mars 2026

Par Robin Schmidt
8 min de lecture
Best-seller mondial de Mercedes-Benz depuis 2022, le GLC franchit le pas de l’électrique. Au programme : plateforme inédite, intérieur technologique et surtout jusqu’à 713 km d’autonomie. Sur le papier, le SUV à l’étoile s’annonce très prometteur. Suffisant pour faire oublier l’échec commercial de l’ancien EQC ?
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À son lancement, le nouveau Mercedes-Benz GLC sera proposé dans une unique version 400 4MATIC, facturée à partir de 71 900 euros. ©Mercedes-Benz

Lancé en 2015, le Mercedes-Benz GLC a très rapidement rencontré son public. À tel point que, sa deuxième génération, commercialisée depuis 2023, s’est imposée comme le best-seller mondial de la marque allemande. Ce fut d’ailleurs le cas une fois de plus au premier semestre 2025. Seul bémol, le SUV à l’étoile ne propose pas de déclinaison 100 % électrique.

 

Cette mission revenait jusqu’alors à l’EQC, première voiture de la gamme EQ de Mercedes-Benz. Cependant, le SUV 100 % électrique a prématurément été retiré du catalogue de la marque à la fin de l’année 2023, faute de demande. Il n’aura en effet convaincu que quelques 65 000 clients dans le monde en l’espace de cinq ans.

 

 

Mais dans un contexte où le marché automobile bascule progressivement vers les véhicules à batterie, notamment chez les flottes, Mercedes-Benz se devait de lui trouver un remplaçant. Si l’actuel GLC thermique poursuivra sa carrière pendant encore quelques années, il sera désormais épaulé par une version entièrement électrique : le GLC EQ.

 

Un design nettement plus séduisant

 

L’un des plus gros défauts de l’ancien EQC était sans aucun doute son design. Mercedes-Benz l’a bien compris et a corrigé le tir avec son nouveau GLC EQ. Pour ce nouveau SUV 100 % électrique, le constructeur allemand a donc préféré conserver un look assez proche de son équivalent thermique.

 

À l’avant, le GLC EQ se distingue tout de même par une nouvelle calandre inédite, réinterprétation moderne des calandres chromées d’anciens modèles de la marque. En option, il existe une version éclairée composée d’un total de 942 pixels, auxquels s’ajoutent l’étoile centrale et le pourtour de la calandre, eux aussi illuminés. Les optiques sont également différentes de celles du GLC thermique, très proches de celles visibles sur la nouvelle CLA, avec des étoiles intégrées dans les feux avant et arrière.

 

 

En termes de dimensions, le GLC électrique gagne 13 cm en longueur par rapport à sa version à moteur thermique. Cet allongement s’explique en grande partie par une progression de l’empattement d’un peu plus de 8 cm, au bénéfice de l’espace offert aux passagers. Si la hauteur du modèle reste inchangée (1,64 m), l'espace pour la tête augmente de 4,6 cm à l'avant et de 1,7 cm à l'arrière, notamment grâce au toit panoramique de série. La largeur gagne quant à elle 2 cm par rapport au GLC thermique.

 

Un écran XXL pour les versions haut de gamme

 

À l’intérieur du nouveau GLC électrique, l’élément le plus marquant est l’apparition de la dernière génération du MBUX Hyperscreen sur la planche de bord. Cette dalle de 39,1 pouces, disponible sur les versions haut de gamme, est le plus grand écran jamais installé dans une Mercedes-Benz. Ce tableau de bord numérique est animé par le nouveau système d’exploitation MB.OS, développé en interne et piloté par intelligence artificielle.

 

Sur les versions d’entrée de gamme, il faudra se contenter du dernier MBUX Superscreen, qui combine trois écrans distincts sous une grande surface vitrée. Le premier de 10,3 pouces, situé derrière le volant, est réservé à l’instrumentation numérique, tandis que l’écran central de 14 pouces est dédié au système d'infodivertissement. Un troisième écran pour le passager, toujours de 14 pouces, est quant à lui disponible en option.

 

La dernière génération du MBUX Hyperscreen de 39,1 pouces est le plus grand écran jamais installé dans une voiture de la marque. ©Mercedes-Benz

 

Hormis ses écrans, la présentation intérieure reste soignée, avec notamment des intérieurs clairs et des matériaux de qualité. On déplore néanmoins certains plastiques qui ne sont pas dignes de ce modèle et de ses tarifs, à l’image des imitations de bois ou d’aluminium qui peuvent équiper la console centrale, selon la finition et la configuration choisies.

 

De son côté, l’habitabilité est très correcte pour un véhicule de ce segment. Les passagers, y compris les plus grands gabarits, bénéficient en effet d’un bel espace à l’arrière, bien qu’il soit impossible de glisser ses pieds sous l’assise des sièges avant. Enfin, le coffre offre une capacité de 570 l, voire même 1 740 l une fois la banquette arrière rabattue, auxquels s’ajoute également un frunk de 128 l. Pour rappel, sur le GLC thermique, le volume de coffre est de 620 l, et descend à 470 l pour les versions PHEV.

 

À partir de 71 900 euros (pour l'instant)

 

Le GLC électrique inaugure la nouvelle plateforme MBEA (pour Mercedes-Benz Electric Architecture) du constructeur allemand, exclusivement réservée aux véhicules 100 % électriques. Utilisant une architecture SDV et la technologie 800 V, elle vient donc compléter la plateforme MMA (Mercedes Modular Architecture), présentée sur le CLA, plateforme qui est, quant à elle, multiénergie.

 

À son lancement, le nouveau GLC EQ n’est proposé que dans sa version 400 4MATIC. Cette dernière, en transmission intégrale donc, est animée par deux moteurs électriques qui sont situés sur chaque essieu, pour une puissance maximale de 489 ch. Ces deux blocs sont associés à une boîte de vitesses à deux rapports à l’arrière et une batterie de 94,5 kWh (net), lui permettant de réaliser jusqu’à 713 km d’autonomie entre deux recharges.

 

Grâce à son architecture 800 V, le Mercedes-Benz GLC électrique est capable d’accepter jusqu’à 330 kW de puissance de charge. De quoi lui permettre, en charge rapide, de récupérer jusqu’à 303 km en seulement dix minutes, pour un 10 à 80 % atteint en 22 minutes. Enfin, pour ce qui est des performances, le SUV à l’étoile peut abattre le 0 à 100 km/h en à peine 4,3 s et atteindre une vitesse maximale de 210 km/h.

 

Une fois derrière son volant, le nouveau GLC électrique manque néanmoins de dynamisme. En cause, son poids conséquent, avoisionant les 2,5 tonnes sur la balance, pèse clairement sur son agilité et se fait ressentir dans les phases de freinage. En revanche, le confort reste sans doute sa principale qualité, puisque le SUV gomme sans grande difficulté les imperfections de la route. Il peut d'ailleurs être équipé, en option, d’une suspension adaptative et de roues arrière directrices.

 

À bord, le Mercedes-Benz GLC électrique se démarque par son niveau de confort. ©André Tillmann Photography

 

Notre consommation sur les routes vallonnées du sud du Portugal a atteint 20,6 kWh/100 km, quand Mercedes-Benz annonce des consommations comprises entre 14,9 et 18,8 kWh/100 km en cycle mixte. Enfin, à haute vitesse, l’insonorisation du GLC montre ses limites, les bruits de roulement des pneus se faisant clairement entendre dans l’habitacle.

 

Disponible en quatre niveaux de finitions, Avantgarde Line, AMG Line, Business Line et Business Line Executive, le Mercedes-Benz GLC EQ 400 4MATIC affiche un ticket d’entrée fixé à 71 900 euros. Cependant, trois autres versions viendront ultérieurement compléter la gamme, dont une à deux roues motrices et équipée d’une plus petite batterie, qui devrait logiquement faire baisser la facture.

 

En guise de comparaison, son principal concurrent, le nouveau BMW iX3, qui arrivera dans les concessions françaises à peu près au même moment, sera également proposé dans une version quatre roues motrices 50 xDrive, animée par deux moteurs électriques délivrant ensemble une puissance de 469 ch. Avec un tarif de départ de 71 950 euros, l’écart avec le GLC électrique n’est donc que de 50 euros.

 


 

L’avis de Yoann Taitz, expert marché et valeurs résiduelles chez Indicata, département du groupe Autorola

 

"Le Mercedes GLC EQ arrive dans un contexte difficile pour les véhicules électriques premium, où l’image de marque ne suffit plus à justifier des prix élevés face à des performances désormais très proches des marques généralistes. Dans un marché où les clients électriques se montrent plus rationnels, le rapport prix-performance devient déterminant.

 

Positionné à un niveau tarifaire élevé, proche de celui du BMW iX3, le GLC EQ propose néanmoins une autonomie intéressante avec sa batterie de 94 kWh annoncée entre 650 et 713 km. Une performance solide, mais qui reste inférieure à celle de son concurrent direct. En reprenant l’appellation GLC, best-seller mondial de la marque, Mercedes capitalise sur un nom reconnu et offre à ses clients la possibilité de choisir entre différentes motorisations, un choix stratégique qui devrait soutenir les valeurs résiduelles.

 

Le design reprend les codes du GLC thermique tout en intégrant des éléments spécifiques, dont une grande calandre lumineuse au caractère clivant. À bord, le spectaculaire MBUX Hyperscreen et la présentation moderne créent un véritable effet «waouh», même si l’ergonomie très centrée sur les écrans pourra diviser. L’habitabilité progresse sensiblement, notamment à l’arrière.

 

Principalement destiné aux flottes, le GLC EQ devra toutefois composer avec un segment D-SUV moins recherché sur le marché de l’occasion et des prix élevés qui laissent présager une décote importante."

Les plus
Design plus séduisant que l'EQC
Temps de recharge
Confort
Les moins
Insonorisation à haute vitesse
Finition intérieure perfectible
Tarifs
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