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Alain Descat : "DS n’a pas vocation à redevenir une simple ligne de la gamme Citroën"

Publié le 15 juillet 2026

Par Robin Schmidt
6 min de lecture
Le N°7 doit ouvrir un nouveau chapitre pour DS Automobiles. Avec le renouvellement de son best-seller, le constructeur premium français vise un retour à la croissance. Alain Descat, directeur de DS France, détaille les ambitions du nouveau SUV et les perspectives de la marque.
Alain Descat DS Automobiles France
Alain Descat, directeur de DS Automobiles en France, dresse le bilan de la marque au premier semestre 2026. ©DS Automobiles

Le Journal de l'Automobile : Parlez-nous du nouveau DS N° 7. En quoi ce renouvellement représente une étape stratégique pour la marque ?

Alain Descat : Avec le DS N°7, nous renouvelons pour la première fois un modèle depuis la création de la marque. Son renouvellement est d’autant plus stratégique puisqu’il concerne notre best-seller. En France, le DS7 s'est en effet vendu à près de 76 000 exemplaires depuis son lancement en 2018 et a longtemps dominé le marché des SUV premium. Cette voiture a donc posé les premières fondations de la marque.

 

Mais le DS7 arrivait en bout de course. L’offre de motorisations n’était plus en phase avec les attentes du marché qui a beaucoup évolué en l’espace de trois ans. À fin juin 2026, 50 % des ventes sur le marché premium concernaient en effet des modèles 100 % électriques.

 

Nous devions donc réajuster les motorisations du DS N°7. En complément de l’offre MHEV, l’arrivée de versions 100 % électriques va désormais nous permettre de cocher toutes les cases, notamment auprès des clients BtoB.

 

C'est un SUV français, 100 % électrique, doté d'une grande autonomie et éligible à l'écoscore dès son lancement. Nous abordons donc ce lancement avec beaucoup de confiance. Les premiers retours sont d’ailleurs très bons, aussi bien de la part du réseau que des clients et des entreprises.

 

 

JDF : Vous misez notamment sur un design renouvelé pour relancer les ventes du modèle…

A.D. : Nous devons encore travailler sur la notoriété de DS. La marque n’a sans doute pas encore la visibilité de certains constructeurs premium allemands, mais ceux qui la connaissent retrouvent pleinement ce que nous voulons incarner : le confort, le raffinement, la technologie et le savoir-faire français.

 

Une DS n'a jamais eu vocation à laisser indifférent et une marque premium doit aussi avoir du caractère. Avec le nouveau DS N°7, nous proposons un design plus moderne, plus angulaire, plus affirmé, sans tomber pour autant dans l’extravagance. C'est un parti pris de style que nous assumons pleinement.

 

Le DS N°7 doit nous permettre de renouer avec les volumes

 

JDF : Quelles sont vos ambitions ?

A.D. : Le DS N°7 doit nous permettre de renouer avec les volumes. Il y a un vrai enjeu commercial autour de cette voiture. Le DS7, son prédécesseur, nous a permis de ratisser une clientèle très large, avec près de 50 % de ventes réalisées auprès des entreprises.

 

Avec cette seconde génération, nous avons désormais pour ambition de conserver nos clients et de surtout reconquérir la clientèle BtoB. Le DS N°8 a ouvert la voie, mais la volumétrie du marché des flottes est davantage orientée sur la silhouette SUV.

 

Le DS N°7 est d’ailleurs déjà bien référencé dans les car policies des grandes entreprises françaises. Les deux tiers des commandes sont déjà réalisés en électrique. C'est un signal extrêmement encourageant.

 

Les deux tiers des commandes du DS N°7 sont réalisés en électrique. ©DS

 

JDF : Au premier semestre 2026, DS Automobiles a vu ses ventes diminuer de 10,2 % sur le marché français, pour atteindre 7 025 immatriculations. Quelle est votre analyse ?

A.D. : Pendant quatre ans, nous avons souffert d'un manque de nouveauté, ce qui s’est naturellement traduit par une érosion de nos parts de marché. Nous étions en résistance mais nous sommes tout de même parvenus à conserver l’ensemble de notre réseau de concessionnaires. Nous les avons accompagnés financièrement, notamment sur le véhicule d’occasion via un énorme plan de soutien sur les retours buy back.

 

Nous avons également augmenté les marges unitaires de chaque véhicule neuf pour accroître la rentabilité de nos concessionnaires. Mais nous disposons désormais des bons produits pour repartir à la conquête des volumes.

 

La fin du premier semestre 2026 a également été marquée par la réaccélération de la DS3. Le modèle fait toujours de la résistance malgré le poids des années. Le mois de juin 2026 a été son plus gros mois de commandes depuis la sortie de la Covid.

 

Nous avons lancé l’édition "Maison Sarah Lavoine" qui a réalisé, à elle seule, 50 % des prises de commandes de DS3 le mois dernier. D’ailleurs, l’électrique représente 40 % du mix de ventes, ce qui est un record pour ce modèle lancé en 2019. C’est un point positif qui nous remet dans la course sur le segment des B-SUV premium.

 

Le lancement du DS N°7 profitera aussi au N°8

 

JDF : Il y a un peu plus d'un an, vous lanciez le DS N°8, le premier modèle exclusivement 100 % électrique de la marque. Quel est le bilan de sa première année de commercialisation ?

A.D. : Le lancement du DS N°8 a été impacté par la montée en cadence de l’usine ACC, qui fabrique les batteries de la version grande autonomie. Le problème est que cette version représente plus de 80 % des prises de commandes du DS N°8. Nous n’avons donc pas pu bénéficier immédiatement des immatriculations de ce nouveau modèle.

 

Mais depuis le mois de mai 2026, la situation s’améliore et nous avons pu commencer à livrer notre carnet de commandes. Désormais, pour toute commande passée aujourd’hui, les livraisons interviendront avant la fin de l’année. Je pense d’ailleurs que le lancement du DS N°7 profitera aussi au N°8. Il y aura forcément un peu de cannibalisation, mais les deux modèles sont complémentaires et non concurrents.

 

 

JDF : Le plan stratégique FaSTLAne 2030 de Stellantis a placé DS Automobiles sous la responsabilité de Citroën. Quelles conséquences cette nouvelle organisation aura-t-elle pour la marque ?

A.D. : La marque DS continuera de vivre sous l’aile de Citroën. Cette nouvelle organisation donnera sans doute lieu à davantage de synergies entre les deux marques, bien qu’il soit encore trop tôt pour en définir précisément les contours. Il faut laisser le temps à la nouvelle direction de Stellantis de prendre les choses en main.

 

En revanche, une chose est claire. DS n’a pas vocation à redevenir une simple ligne de la gamme Citroën. La marque conservera son positionnement premium, son identité et ses espaces de vente dédiés. Et surtout, son développement se poursuivra avec l'arrivée de nouveaux modèles.

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