Yves Pasquier-Desvignes, Volvo Car France : "En 2025, le second semestre nous a sauvés"

Tant dans le monde qu’en France, Volvo n’a pas été épargné en 2025. À l’échelle internationale, le constructeur sino-suédois est resté au-dessus de 700 000 livraisons, à 710 042 précisément, mais ses volumes ont plongé de 7 %. "Nos ambitions étaient plus fortes, concède Yves Pasquier-Desvignes, président de Volvo Car France. Nous n’avons pas été à la fête à cause de marchés internationaux qui se sont tassés et de l’évolution de la réglementation sur l’ensemble des continents."
En France, la chute a été rude. Volvo a perdu 34 % comparé à 2024, à 13 067 mises à la route. Sa part de marché est tombée à 0,8 %, contre 1,2 % un an plus tôt. Sur son terrain de jeu du premium, sa pénétration est passée de 8,7 % à 7,2 %. "Les changements de fiscalité, notamment la réforme des avantages en nature, ont eu un impact considérable pour nous", regrette le président.
L'EX30 a mis longtemps à obtenir l'écoscore
La défaillance de la marque en France s’explique aussi par la difficulté à voir son EX30 être écoscoré, après que sa production a été rapatriée de Chine en Belgique en avril 2025. "Le délai d’obtention de l’écoscore a été très long, l’instruction du dossier a nécessité six mois, là où des concurrents ont bénéficié de délais de traitement beaucoup plus rapides", tacle Yves Pasquier-Desvignes. Le passeport, si vital au succès du véhicule, n’a été obtenu que le 16 juillet.
Ce trou d’air de 2025 trouve également son origine dans la fin d’année 2024 très dynamique. Comme tous les constructeurs très portés sur l’hybride rechargeable (PHEV), Volvo avait accéléré les livraisons au dernier trimestre pour anticiper le changement de réglementation pour ces véhicules au 1er janvier 2025. Les PHEV, rappelons-le, avaient alors perdu leur exonération du malus au poids et de l’ex-TVS. Ils ont depuis perdu tout intérêt fiscal, surtout pour les entreprises.
Tous ces vents contraires ont eu un effet dévastateur sur le premier semestre, au terme duquel la marque perdait 49,3 % en volume. "En 2025, le premier semestre nous a tués, le second nous a sauvés", résume Yves Pasquier-Desvignes, qui a pu compter sur la montée en puissance de l’EX30 à compter de juillet. Insuffisant toutefois pour remonter la pente.
Au niveau des énergies, les PHEV ont logiquement dévissé et n’ont représenté que 26,5 % des livraisons en 2025, contre 39 % en 2024. Le mix électrique est quant à lui passé de 40,2 % à 42,1 %, mais avec des volumes qui sont passés de 7 955 à 5 504 unités.
Les flottes en net repli
Comme pour toutes les marques premium, le marché des flottes s’avère habituellement primordial pour Volvo. Or, en 2025, les volumes ont là aussi plongé, à 5 840 unités. La chute a été de 41 % sur le canal de la LLD et de 50 % sur celui des sociétés. Quant aux particuliers, ils ont également reculé de 31 %. Yves Pasquier-Desvignes ajoute que la location courte durée "n’a pas été poussée" et que la marque s’est montrée "prudente sur les modèles de démonstration".
Au rayon des bonnes nouvelles, l’activité des véhicules d’occasion a été plus soutenue. Le réseau a écoulé 40 976 VO en 2025 (+3,46 %), dont 8 953 via le label Volvo Selekt (+15 %). Un autre élément de satisfaction de 2025 a été la croissance des véhicules neufs (4 838 unités, +6 %) et des VO financés (1 349 unités, +15 %), ainsi que le chiffre d’affaires record en après-vente (81 millions d’euros, +4 %).
Ce tableau assez sombre n’a pas incité Yves Pasquier-Desvignes à communiquer la rentabilité du réseau de distribution (122 sites, 38 investisseurs). Il se limite à annoncer qu’un tiers a été rentable, un tiers à l’équilibre et un tiers dans le rouge. "Ce dernier tiers me préoccupe", admet le président de Volvo Car France, pour qui "seuls les volumes pourront aider ces distributeurs".
Les volumes, justement, sont attendus en hausse en 2026. Volvo vise 14 750 livraisons, "un seuil raisonnable dans la lignée du second semestre 2025", glisse Yves Pasquier-Desvignes. Et d’ajouter que "ce niveau d’activité va permettre à notre réseau de mieux vivre, mais il faudra vendre des voitures à grosse marge et beaucoup travailler les modèles à plus faible marge". La rentabilité ne sera pas à un niveau très élevé, le président indiquant que celle-ci atteint entre 1,3 et 1,4 % lorsque la marque réalise 20 000 livraisons à l’année.
L'EX60 en vedette au Mondial de Paris
Le modèle le plus en vue en 2026 devrait être l’EX30 avec 4 200 unités attendues, soit le double qu’en 2025. Viendront ensuite l’EX40 à 3 000 unités, le XC40 à 2 000 puis le XC60 à 1 500. Volvo pourra également s'appuyer, à compter de septembre, sur les premières livraisons de l’EX60, récemment dévoilé et qui sera l’une des têtes d’affiche du prochain Mondial de Paris auquel participera Volvo. Yves Pasquier-Desvignes regrette en attendant de ne pouvoir en livrer plus de 1 550 unités cette année, "ce sont les quotas de production qui nous ont été alloués". La jauge montera à 5 000 unités en 2027.
L’ambition est de faire 65 % d’électrique, 16 % de PHEV et 19 % de mild hybrid. Le VE sera donc primordial. Le président en profite pour réclamer, au même titre que Sesamlld, un traitement de faveur pour les modèles électriques non écoscorés au niveau des avantages en nature, avec pourquoi pas un abattement de 50 %, contre 70 % pour les modèles écoscorés.
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