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Peugeot 508, chasseuse d’allemandes

Peugeot 508, chasseuse d’allemandes

La berline de la marque au lion affiche un tout nouveau visage. Plus compacte et plus racée, la deuxième génération de la 508 s’inspire clairement de la concurrence d’outre-Rhin avec ses portières sans encadrement et son habitacle cossu. Elle perd en revanche certaines qualités au passage, à commencer par son habitabilité.

 

Pour atteindre son objectif de devenir le meilleur constructeur généraliste haut de gamme, il manquait à Peugeot une routière à la hauteur de ses ambitions. Avec la nouvelle 508, la marque au lion est convaincue de tenir ce chaînon manquant. "Après le succès de nos derniers lancements majeurs et notre offensive SUV, nous devions concevoir notre vision de la grande berline avec la même ambition : bousculer le marché avec une offre capable de rivaliser avec les meilleurs", assure Jean-Philippe Imparato, le directeur général de Peugeot.

 

Dans le collimateur : les Volkswagen Passat et Arteon. La première pour les versions d’entrée de gamme (Active, Allure et Business) et la seconde pour les propositions plus prestigieuses (GT Line et GT). On imagine que Peugeot ne s’interdira pas d’aller titiller la concurrence premium comme elle y parvient avec son duo 3008/5008 face aux Audi Q3 et BMW X1. Peugeot devra toutefois composer avec un écueil de taille : les ventes de berlines du segment D sont en chute libre depuis plusieurs années. Difficile dans ce cas de fanfaronner trop à l’avance.

 

Entre 15 000 et 20 000 ventes par an en France

 

Aucun modèle ou presque n’échappe à la dépression, notamment en France. Depuis le mois de janvier, la Renault Talisman décroche de près de 54 % (3 236 unités), la Peugeot 508 de 45 % (2 803 unités), la Volkswagen Passat de 23 % (3 072 unités), l’Opel Insignia de 21 % (1 323 unités), la Mercedes-Benz Classe C de 10 % (3 741 unités), la BMW Série 3 de 26 % (1 315 unités) et l’Audi A4 de 28 % (2 501 unités). Seules exceptions : la Volkswagen Arteon en phase de démarrage avec un volume somme toute limité de 477 unités et la Ford Mondeo qui progresse de 158 % grâce à sa version hybride.

 

L’ambition de Peugeot est donc de reprendre la main dans l’Hexagone face à cette concurrence boîteuse avec un volume annuel compris entre 15 000 et 20 000 unités. "Nous devrions réaliser peu ou prou les mêmes volumes que la génération précédente en dépit du déclin du segment D. De fait, notre part de marché sera plus élevée", explique Guillaume Couzy, le directeur du commerce France. Peugeot compte également s’imposer en Chine avec une version allongée (4,87 mètres), à hauteur de 40 000 unités par an. Produite localement, cette version asiatique sera commercialisée à compter de mars 2019.

 

En attendant, nous avons pu essayer la version destinée au marché européen assemblée dans l’usine de Mulhouse. La comparaison avec la génération précédente s’impose. Le gabarit a radicalement changé. La nouvelle 508 est plus compacte de 8 cm (4,75 m), plus basse de 6 cm (1,40 m) et plus large de 3 cm (1,85 m). Le profil a également été repensé. Finie la berline classique. La 508 s’apparente désormais à une berline coupé 5 portes fastback, à l’instar de la VW Arteon, de l’Audi A5 Sportback, de la BMW Série 4 Gran Coupé ou de l’Opel Insignia Grand Sport.

 

Habitabilité en baisse

 

Cette nouvelle silhouette est assurément l’un des points forts de la nouvelle 508. Cet esprit coupé est accentué par les portières sans cadre. Peugeot est allé se fournir chez un équipementier allemand spécialisé dans ce domaine. La forte impression visuelle laissée par la 508 est également due à la signature lumineuse avant verticale et aux feux arrière intégrant les fameuses griffes typiques de la marque.

 

La montée en gamme est ensuite perceptible à bord avec l’arrivée du i-cockpit se composant, comme sur les 3008 et 5008, d’un petit volant, d’un combiné tête haute avec sa dalle numérique de 12,3", de 7 touches piano donnant accès aux fonctions de confort principales et d’un écran tactile capacitif de 10" de large (8" en finition de base Active). L’ensemble apparaît encore plus abouti que sur les deux grands SUV de la marque. Plus globalement, l’ambiance à bord est agréable, les matériaux sont dignes du haut de gamme et les ajustements ne souffrent d’aucune critique.

 

Seule ombre au tableau, l’habitabilité. La nouvelle 508 néglige ses occupants arrière avec une hauteur sous plafond et un espace aux jambes passablement réduits. Dommage pour une voiture à vocation familiale. Il lui sera difficile de tenir tête dans ce domaine à une Passat ou à une Talisman. Le volume de coffre est également moindre que celui de la génération précédente, passant de 515 à 487 litres. Le risque est que Peugeot se coupe des VTC, une clientèle qui a porté les ventes de la 508 ces dernières années. La marque au lion compte privilégier les ventes aux entreprises et ses grands rouleurs pour cette nouvelle version. Dommage pour ces derniers que le réservoir de carburant diesel soit passé de 72 à 55 litres…

 

Une offre hybride en 2019

 

La 508, qui a été allégée de 70 kg en moyenne, compense ces faiblesses en proposant un comportement routier de haut niveau et une isolation acoustique impressionnante. La berline se rattrape également en proposant des équipements dignes de son statut. Les aides à la conduite se bousculent au portillon avec le système de vision de nuit en guise de proposition phare. Cet équipement permet la détection d’êtres vivants devant le véhicule de nuit ou par visibilité réduite jusqu’à 200/250 mètres.

 

Pour orchestrer le tout, la 508 est proposée avec les moteurs essence PureTech 180 et PureTech 225 et les blocs diesel BlueHDi 130, BlueHDi 160 et BlueHDi 180. La boîte automatique à 8 rapports est proposée sur toutes ces mécaniques, seul le BlueHDi pouvant être associé à une boîte manuelle. Peugeot annonce des rejets de CO2 contenus, allant de 98 à 124 g/km en diesel et de 123 à 131 g/km en essence. La norme WLTP viendra établir de nouvelles valeurs prochainement. Des hausses de 20 % sont attendues par les dirigeants de la marque. Les amateurs de motorisations alternatives devront patienter jusqu’à l’automne 2019 pour se procurer l’offre hydride rechargeable essence offrant 50 km d’autonomie en tout électrique. Quant aux tarifs, ils s’échelonnent de 32 300 à 49 950 euros en diesel et de 34 600 à 48 750 euros en essence.

 

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