Péages autoroutiers : et si les exploitants vous remboursaient ?

Et si les concessionnaires autoroutiers français remboursaient les automobilistes pour avoir surfacturé les passages aux péages ? C'est le but de la démarche entreprise par Me Christophe Leguevaques, avocat et docteur en droit, depuis le 2 avril 2026, sur la plateforme MyLeo.
Plus précisément, il a lancé l'action collective Péage Autoroute avec l'idée de contester la légalité des augmentations tarifaires annuelles des péages. Il souhaite que la justice pousse les concessionnaires autoroutiers à réparer le préjudice subi par les particuliers, mais surtout par les entreprises, notamment de transport.
L'avocat explique que, lorsque les autoroutes ont été privatisées en 2006, les contrats n'ont pas été adaptés par l'État. Les exploitants, dont Vinci, Eiffage et Abertis, ont donc eu toute liberté de jouer avec les grilles tarifaires. "Si le principe veut que l’usager finance l’entretien et l’exploitation via le péage, la surfacturation a surtout financé les bilans comptables", accuse Me Christophe Leguevaques.
La Cour des comptes, le Sénat et l'Inspection générale des finances lui donnent raison sur le principe. Ces institutions officielles ont pointé un écart préoccupant entre le prix payé par les usagers et le service rendu. Et l'avocat d'insister en soulignant que le préjudice peut se chiffrer à plusieurs centaines d'euros pour les particuliers et plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les gestionnaires de flotte professionnelle.
Un bol d'air financier pour les flottes
La plateforme MyLeo (airbags Takata, PureTech de Stellantis, Motorgate de Renault-Nissan…) permet de rejoindre le mouvement en participant à l'action collective. Il faut pour cela être titulaire d'un abonnement de télépéage actif. Les plaignants doivent avoir emprunté les portions d'autoroutes exploitées par Vinci Autoroutes (ASF, Cofiroute, Escota), Eiffage (APRR, Area, Viaduc de Millau) et Abertis (Sanef/SAPN).
En plus de remplir un formulaire, il faudra fournir des documents d'identification et des pièces justificatives. La justice examinera les factures liées aux abonnements pour chiffrer le montant des réparations. Les usagers ne pourront s'en remettre aux seuls tickets délivrés au passage du péage.
À ce jour, la France compte entre deux et trois millions d'utilisateurs professionnels de télépéages, auxquels s'ajoutent environ deux millions de particuliers. Les premiers devront s'acquitter de 720 euros pour s'enregistrer dans l'action collective. Les seconds débourseront 36 euros. Des sommes destinées à prendre en charge les honoraires des avocats qui œuvrent derrière la plateforme MyLeo.
"Les sociétés de transport cherchent un peu d'air et elles ne manqueront pas cette opportunité. Les plaignants peuvent espérer récupérer 50 % des montants payés aux péages au cours des cinq dernières années", anticipe Me Christophe Leguevaques. Celles-ci étant souvent facturées quatre fois plus cher pour leurs camions par rapport aux voitures (simplement le double dans les autres pays européens).
Quelle sera la suite de la démarche ? Dès que le Conseil d'État aura évalué le préjudice, les sociétés devraient être remboursées, explique Me Christophe Leguevaques. Sans quoi les avocats promettent d'entamer une procédure de recouvrement.
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