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Durisotti demande son placement en redressement judiciaire

Publié le 28 avril 2026

Par Robin Schmidt
2 min de lecture
Racheté en juillet 2024 par GTE Automotive, Durisotti vient de demander son placement en judiciaire, en se déclarant en cessation de paiement. Le carrossier-constructeur, qui emploie 188 salariés, accuse l'État français d'être responsable de son naufrage.
Fondé en 1956, le carrossier-constructeur Durisotti a demandé son placement en judiciaire, en se déclarant en cessation de paiement. ©Durisotti

Durisotti est en difficulté. Le carrossier-constructeur vient en effet de demander, mardi 28 avril 2026, son placement en redressement judiciaire, en se déclarant en cessation de paiement.

 

Une audience au tribunal de commerce d'Arras (62) est prévue pour le 11 mai prochain, a précisé, à l'AFP, GTE Automotive, groupe français et propriétaire de Durisotti depuis juillet 2024.

 

 

Fondée en 1956, cette société spécialisée dans la conversion de véhicules utilitaires légers pour des secteurs variés (forces de l'ordre, pompiers, transport de personnes ou de marchandises, BTP, biens d'équipement, services postaux) emploie un total de 188 salariés, dont une grande majorité à Sallaumines (62), dans le Pas-de-Calais.

 

L’État français mis en cause

 

Dans un long document transmis à l'AFP, GTE Automotive blâme les pouvoirs publics, qui n'auraient fourni "aucun accompagnement décisif" pour aider Durisotti à remonter la pente ces dernières années. Le propriétaire du carrossier dénonce notamment une "asphyxie organisée de la commande publique", ce qui aurait "étranglé" sa trésorerie, et le refus des pouvoirs publics d'éponger la dette de l'entreprise.

 

Frédéric Cotton, élu CGT au comité social et économique (CSE) de Durisotti, estime au contraire que ce sont les propriétaires actuels, "blacklistés par toute la filière automobile", qui "ont appauvri" le carnet de commandes. Depuis plusieurs mois, l'entreprise, qui compte aussi deux petits sites à Metz (57) et à Agen (47), a recours au chômage partiel, alors qu’elle comptait encore jusqu'à 700 salariés il y a une vingtaine d'années.

 

De 2019 à 2024, l'entreprise a appartenu au groupe britannique Liberty, de l'industriel Sanjeev Gupta. Mais celui-ci aurait laissé Durisotti "exsangue", avec "plus de 15 millions d'euros de dettes, aucun investissement productif et un outil industriel dégradé", selon GTE Automotive.

 

 

Frédéric Cotton reconnaît que l'entreprise "n'était pas en pleine forme" avant son rachat par GTE Automotive. "On était peut-être au bord du redressement judiciaire, mais on avait encore un carnet de commandes. On aurait eu plus de chances de trouver un repreneur à l'époque".

 

Toujours d'après l’élu CGT, la direction de Durisotti a présenté, lundi 27 avril 2026, en comité social et économique, un projet de restructuration prévoyant une soixantaine de suppressions d'emplois. Mais "les salariés, plutôt que de rester (avec cette direction, NDLR), préféreraient partir, même avec le minimum légal", assure-t-il.

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