Avec le G4+, Goupil prépare son prochain cap de croissance

Goupil mène son bonhomme de chemin depuis sa création en 1996 sur le marché très spécifique des petits utilitaires légers électriques à destination des collectivités locales, des sites industriels ou encore des acteurs du tourisme. Avec la particularité de tout produire en France.
En l’espace de 30 ans, le constructeur basé à Bourran, dans le département du Lot-et-Garonne, a cumulé plus de 30 000 ventes, la majorité à l’export (70 %, 40 pays). L’année 2025 s’est achevée avec 2 200 livraisons et l’objectif est de monter à 2 500 en 2026.
75 millions d'euros de CA en 2025
Goupil est le symbole d’une industrie française de qualité et qui est surtout rentable. La baisse du chiffre d’affaires entre 2023 et 2025, de 113 à 75 millions d’euros, n’a pas entamé cette ligne de conduite. "Au contraire, assure le directeur général Philippe Hugue, nous sommes devenus encore plus rentables".
Un élément de motivation certain pour les 200 salariés de l’entreprise. "Nous avons vocation à grossir", ajoute d’ailleurs Philippe Hugue, qui se méfie toutefois de la percée de la concurrence chinoise à prix cassés sur certains marchés européens.
La gamme de Goupil se compose actuellement des G2, G4 et G6. En 2025, le G2 a cumulé 300 immatriculations et le G6 environ 150, le reste étant à mettre à l’actif du G4. Pour assurer son développement, le constructeur va ajouter le G4+ à son catalogue à compter de septembre 2026.
Un investissement de dix millions d’euros a été consenti pour ce nouveau modèle voué à être "le plus fiable et le plus qualitatif", affirme Philippe Hugue. Le G4+ vient s’intercaler entre le G4 et le G6. "Nous revenons en somme au gabarit du G5", résume le directeur général.
Jusqu'à 180 km d'autonomie
Le véhicule mesure 4 600 mm de long pour 1 560 mm de large et 2 261 mm d’empattement. Il dispose d’un rayon de braquage de 4,37 m, signe d’une grande maniabilité, et son PTAC atteint 2 300 kg pour une charge utile maximale de 1 400 kg.
Comme tous les modèles Goupil, il est 100 % électrique avec deux tailles de batterie au choix, 20 ou 30 kWh (chargeur embarqué de 6,6 kW), offrant respectivement 139 et 180 km d’autonomie au mieux. Son moteur de 40 ch le destine quasi exclusivement à des déplacements urbains. D’ailleurs, il ne dépasse pas les 70 km/h.
Tout l’intérêt du G4+ tient toutefois en sa capacité à accueillir des modules de transformation : plateau basculant, benne de collecte de déchets, bras de levage, fourgon, caisse frigorifique… Il peut répondre à bien d’autres besoins, en fonction du métier des clients.
En conduite, le G4+ confirme son agilité et sa capacité à se faufiler et à manœuvrer avec aisance en ville. La cabine est étroite et assez sommaire mais le but n’est pas d’effectuer de longs trajets. Goupil a toutefois ajouté quelques équipements comme un écran tactile, un volant chauffant, un frein de stationnement électrique, un dispositif de récupération d’énergie au freinage ou encore une ouverture et un démarrage sans clé.
À partir de 50 000 euros HT environ
Le principal bémol derrière le volant est le manque de mordant du freinage, un élément auquel il convient de rapidement s’habituer. L’autre élément qui interpelle est le prix, puisque le G4+ débute aux alentours de 50 000 euros HT. Soit 15 % de plus qu’un G4, il est vrai moins perfectionné. Les clients pourront toutefois compter sur les CEE pour adoucir la note, les aides pouvant ici atteindre 5 700 euros.
À ce niveau de prix, la concurrence chinoise ne manquera sans doute pas de venir chasser sur les terres de Goupil. Le constructeur dispose toutefois d’atouts solides, à commencer par une base de clients fidèles et des volumes sécurisés auprès d’acteurs comme Pic Nic. Il peut également compter sur l’Ugap, levier clé pour accéder au marché stratégique des collectivités locales.
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