Advenir lance l’Observatoire national des données de recharge

Davantage de visibilité sur les infrastructures de recharge. Le programme de certificats d’économies d’énergie (CEE) porté par l’Avere-France, Advenir, a annoncé le 14 janvier 2026 le lancement de l’Observatoire national des données de recharge. Réalisée en collaboration avec l’Ademe, cette nouvelle plateforme se base sur les données récoltées depuis la mise en place du programme en 2016. Ce nouvel outil vise à accompagner les acteurs de l’écosystème de recharge. Ainsi, ce sont les informations de plus de 150 000 infrastructures de recharges financées par le programme Advenir et l’Ademe.
L’ensemble des données peut être visualisé de trois manières distinctes. Dans un premier temps, sur le site internet observatoire.advenir.mobi dédié. Il permet une visualisation intuitive des données. Différents filtres permettent de trier la data en fonction de la région et du type d’installation, de la copropriété à la voierie en passant par les points de charge pour poids lourds et les entreprises. Il est ainsi possible de retrouver des informations telles que la durée moyenne des recharges ou l'énergie moyenne délivrée par type d'équipement. Une page web a été réalisée en collaboration avec Kiiro.
En parallèle, toutes ces données sont répertoriées dans un format anonymisé au sein d’un dispositif Open Data, récupérable sur le site data.gouv. L’Observatoire national des données de la recharge s’appuie ainsi sur un patrimoine de 29 millions de "data points" de 2016 à la fin décembre 2025. En chiffres, cela représente plus de 500 GWh d’énergie consommés. Il propose une couverture complète des usages, du particulier en résidentiel collectif à la recharge privée en entreprise en passant par la recharge ouverte au public. Enfin, tous les trimestres, un nouveau baromètre sera publié avec une analyse d’Advenir.
Un complément aux autres baromètres
"Comme spécificité au sein du programme Advenir, au-delà de disposer d’un patrimoine quantitatif large, nous avons aussi, au sein de nos primes, différents cas d’usage. Cela va ouvrir une nouvelle dimension. Là où les acteurs sont souvent spécialistes d’un domaine, nous avons la chance d’être actifs sur différents segments du marché, ce qui nous permettra de mieux comprendre la recharge", précise Ludovic Coutant, responsable du programme Advenir.
L’Observatoire national des données de la recharge d’Advenir se présente comme un complément aux nombreux baromètres du secteur, à l’image de celui de l’Avere, d’Enedis ou encore de l’Observatoire de la transition écologique. Comme spécificité, Advenir se concentre sur les données de recharge permettant une meilleure compréhension des usages.
Claude Renard, directeur de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), rappelle qu’en 2021, au début de l’accélération des infrastructures de recharge, les chiffres n’étaient pas fiables et oscillaient entre 30 000 et 45 000 bornes de recharge selon les sources. Cet Observatoire va ainsi permettre d’homogénéiser les données. "La réglementation européenne AFIR de 2023 impose une publication en Open Data d’un certain nombre de données. En France, c’est déjà le cas depuis 2017. Mais cet Observatoire permet de consolider et d’uniformiser les données", souligne Claude Renard.
Un enjeu de communication
Si l’idée de lancer cet Observatoire remonte au lancement du programme Advenir, le projet ne s’est concrétisé qu’en 2023 avec la formation d’un groupe de travail et, par le biais de l’écosystème d’acteurs de l’Avere-France, la tenue d’ateliers utiles pour comprendre leurs besoins et les lignes rouges à ne pas franchir en matière d’informations confidentielles.
"Cet Observatoire s’est donné pour objectif de stimuler l’innovation en libérant la donnée auprès des acteurs économiques afin qu’ils puissent améliorer la compréhension des usages et des services, et renforcer la transparence en offrant aux citoyens une plus grande visibilité sur l’argent public ou les CEE. Il vise à soutenir la recherche et la décision qui alimentent la sphère industrielle et les pouvoirs publics dans leurs travaux. Nous sommes heureux de rendre à l’écosystème ce qu’il nous a donné depuis 2016", ajoute Ludovic Coutant.
Dans une étude de l’Ademe publiée en 2024, seulement 15 % des personnes interrogées estimaient que le maillage en termes d’IRVE était suffisant. "Nous nous rendons compte qu’il existe un écart entre la perception et la réalité du terrain. Il y a donc un enjeu de communication et de réassurance. L’Observatoire vient nourrir cette connaissance et permettre de voir davantage de personnes basculer vers la mobilité électrique dans un contexte compliqué", estime Antoine Dupont, membre du comité de pilotage de l’Ademe et artisan du projet.
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