S'abonner
Distribution

Innover et se développer pour continuer d’exister

Publié le 21 novembre 2011

■
Par Benoît Landré
■
13 min de lecture
Réelle depuis plusieurs années déjà, la concentration des acteurs des ventes aux enchères automobiles pourrait s’accélérer durant les prochains mois dans un contexte économique indécis. Le développement grandissant des acteurs étrangers et la libéralisation du secteur en septembre obligent plus que jamais les opérateurs historiques à s’organiser et à trouver de nouveaux canaux.

L’année 2010 a été une année record pour le secteur des ventes aux enchères automobiles. Avec un total de 872 millions, le marché a atteint sa meilleure performance sur le plan comptable, progressant de 3,8 % par rapport à 2009. En 2008, au plus fort de la crise, les adjudications de VO étaient descendues à 775 millions d’euros. Mais la croissance enregistrée l’an passé s’est révélée moins forte que celle réalisée en 2009 (+ 7,1 %). C’est la raison pour laquelle le Conseil des ventes, en dévoilant son rapport d’activité en juin dernier, ne berçait pas dans le triomphalisme. Car les chiffres sont trompeurs : 67 % des sociétés spécialisées dans le secteur automobile ont subi une chute de leur montant adjugé en 2010 et seules six SVV du Top 20 ont affiché des variations positives. Les locomotives que sont les groupes Guignard et Associés et BCAuto Enchères, qui sont les seuls à culminer au-dessus de la barre des 100 millions de chiffre d’affaires, ont même creusé un peu plus leur avance en enregistrant respectivement des hausses de 15,8 % et 19,9 %. A elles deux, elles ont représenté 25 % du marché, contre 20 % en 2009. Aujourd’hui, les vingt premières sociétés de ventes volontaires françaises spécialisées dans l’automobile pèsent 90 % du marché.

Manheim, BCA et Autorola réunis pour la première fois dans le Top 20

La croissance relative du marché en 2010 a surtout été tirée par la publication des résultats des sociétés Manheim et Autorola. Cette dernière, qui a obtenu son agrément en mars 2010, a réalisé l’an passé 30 millions d’euros de montant adjugé. “2011 sera pour nous une année de stabilisation avec des résultats équivalents à l’an passé dans un environnement plus complexe”, entrevoit Pierre-Emmanuel Beau, directeur général d’Autorola. Agréée fin 2009, Manheim a pour sa part atteint un chiffre d’affaires de 15 millions. Ainsi, pour la première fois, le classement du Conseil des ventes réunissait les trois mastodontes européens des ventes aux enchères. “Sans la présence de ces deux acteurs, le marché serait en baisse de 1,6 %”, souligne le Conseil des ventes. Pour autant, Manheim et Autorola, qui ne pointent qu’en 11e et 20e position du classement, sont encore très loin de dominer le marché français en terme d’adjudication. “En Espagne, en Italie et en Belgique où sont présentes Autorola, BCA et Manheim, la concurrence de petites sociétés est pratiquement inexistante”, précise d’ailleurs le Conseil des ventes dans son bilan annuel. Si le marché français, que l’on décrit volontiers comme atypique, n’a pu résister à “l’invasion” de ces grands groupes, les sociétés historiques traditionnelles qui jouissent d’un ancrage local fort représentent encore une concurrence solide. Notamment parce qu’elles se sont organisées et qu’elles continuent de se développer sur la Toile. “La grande force du système français est qu’il est capable de gérer les ventes physiques traditionnelles et les ventes électroniques. Les acteurs qui ne sont pas capables de digérer les deux auront de plus en plus de difficultés”, juge Laurent Guignard, dirigeant de la société éponyme.

Vous devez activer le javacript et la gestion des cookies pour bénéficier de toutes les fonctionnalités.
Partager :

Sur le même sujet

Laisser un commentaire

cross-circle