Essai XPeng P7+ : un ordinateur sur roues

XPeng ne se présente pas comme un constructeur automobile, mais comme une société de technologie. Une approche très chinoise dans un marché local marqué par une concurrence extrêmement sévère. Alors, lorsque le constructeur lance la P7+, sa nouvelle berline de 5,07 m de long, il est tout naturel qu'on ne parle pas ici de "chevaux", de "couple", voire de "capacité de batterie", mais de "puissance de calcul".
Car oui, la P7+ est plus proche d'un ordinateur sur roues que d'une voiture. XPeng se targue en effet d'avoir intégré à son bord une puissance de calcul jamais égalée, avec une puce développée en interne. À tel point que la voiture a été conçue autour de cette puce Turing et que le constructeur ne parle plus de "horsepower" mais de "brainpower", ce qui nous permet de faire en français ce jeu de mots de "chevaux à vapeur" à "cerveau en vapeur".
Un habitacle immense
Qu'apporte cette nouvelle puce ? On va y venir un peu plus loin. En attendant, cette P7+, qui affiche une ligne très élancée de faux coupé, impose un style assez unique sur le marché. À l'intérieur, l'immense habitacle, illuminé par un toit panoramique, est une vraie invitation au voyage.
Comme toute voiture chinoise, c'est à l'arrière que ses occupants seront pleinement choyés avec une habitabilité exceptionnelle. Le contraire aurait d'ailleurs été étonnant dans une berline qui affiche un empattement de 3 m. La banquette peut accueillir trois adultes. Ces derniers bénéficient d'un dossier de banquette inclinable et d'un écran de contrôle qui leur permet de régler la climatisation ou la musique.
Un grand écran de 15,6''
À l'avant, la planche de bord ne diffère pas des productions chinoises, à savoir un dessin tout en longueur avec au centre un immense écran de 15,6'', le cœur névralgique de la P7+. Tout, absolument tout, se règle par cet écran, ce qui n'est absolument pas ergonomique.
Si le système est très réactif (merci la puce Turing), il est indispensable de bien paramétrer sa voiture avant de prendre la route. Ce défaut n'est pas propre à la P7+ mais c'est énervant d'être obligé de jouer avec les raccourcis pour régler les rétroviseurs en sélectionnant le bon mode et d'actionner les molettes du volant.
La berline affiche un volume de coffre de 557 litres, qui peut grimper jusqu'à 2 000 litres, une fois la banquette rabattue. Au dernier salon de Bruxelles où la voiture avait été présentée à la presse européenne, XPeng s'était amusé à y rentrer 33 valises cabines.
Deux capacités de batterie
Bien que la puce soit le cœur de la voiture, il lui faut bien un moteur et des batteries pour avancer. XPeng propose deux capacités de batterie LFP (800 V). La première affiche 62 kWh. Elle alimente un moteur de 245 ch avec une autonomie de 455 km. La seconde, 75 kWh. Avec elle, les choses sérieuses commencent. En version deux roues motrices, la P7+ lâche 313 ch tandis qu'en quatre motrices, on passe à 503 ch. Mais quelle que soit la puissance, le couple de 450 Nm reste identique.
Dans le cas de la deuxième batterie, l'autonomie est respectivement de 530 km et 500 km. Des performances que l'on pourrait qualifier de moyennes. Mais peu importe, car la grande force de XPeng est sa rapidité de recharge ultrarapide, une offre qui n'est plus unique sur le marché depuis l'arrivée de Zeekr.
10 % à 80 % en un temps record
Comme sur les G6 et G9, la P7+ est capable de recharger de 10 % à 80 % sur des bornes de 350 kW en seulement douze minutes. Une prouesse technologique que nous avons pu tester. Les longs trajets ne sont donc plus du tout un problème, d'autant plus que la consommation, grâce à un aérodynamisme particulièrement bien étudié, est assez basse. XPeng promet en usage mixte 16,6 kWh/100 km, une consommation que nous avons pu constater sur un essai très varié.
Sur route, la XPeng P7+ s'avère très confortable. Les prestations dynamiques sont à la hauteur d'une grande routière, même si les mouvements de caisse restent encore un peu éloignés des standards allemands. L'insonorisation est parfaitement maîtrisée, très peu de bruits d'aérodynamisme viennent perturber la quiétude à bord. En revanche, ce qui gêne très fortement la conduite, ce sont les insupportables aides électroniques qui ne cessent de vouloir prendre la main sur la voiture, même lorsqu'elles n'ont aucune raison de le faire.
Trop de bugs
Et c'est là où l'on arrive aux limites de l'ordinateur sur roues. Car, à cause d'un mauvais calibrage de toutes ces pseudo-aides à la conduite, qui seront corrigées via des mises à jour, nous promet-on, la voiture devient tout simplement ingérable.
Alors, certes, la fonction de conduite semi-autonome est assez bluffante. Nous avons réussi à lui faire prendre un rond-point à 30 km/h sans toucher le volant ! Mais cela n'efface pas ses interventions intempestives, qui rendent au final la conduite dangereuse. On passe effectivement plus de temps à regarder l'écran pour chercher à les désactiver que la route elle-même. Surtout, cela empêche d'avoir pleinement confiance dans un système censé faciliter la conduite.
"Made in Europe"
Assemblée en kit dans l'usine de Magna Steyr en Autriche, la P7+ ne bénéficiera pas de l'écoscore pour le marché français, mais cette "production européenne" permet à XPeng d'être dispensé des taxes d'importation.
De par ses dimensions, la P7+ ne conviendra pas à tout le monde. Néanmoins, XPeng, qui compte en faire son porte-étendard, ambitionne de dépasser les 450 exemplaires en 2026. Une ambition tout à fait réalisable pour la centaine de concessions que comptera le réseau d'ici la fin de l'année. Car avec un prix de 45 990 euros (à partir de 49 990 euros pour la batterie de 75 kWh), la P7+ ne souffre quasiment d'aucune concurrence.
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