Essai Maxus T60 Max : imparfait mais efficace

Les pick-up diesel ne sont plus vraiment en odeur de sainteté en France ? Les chiffres disent le contraire. En 2025, ces modèles ont tenu bon, avec 2 466 Ford Ranger diesel (contre 1 079 PHEV), 3 255 Toyota Hilux et 1 254 Isuzu D-Max. Face à ce constat, Maxus décide de tenter sa chance.
Le constructeur chinois, qui s’est signalé jusque-là avec deux modèles électriques, tout d’abord le décevant T90 puis le mastodonte eTerron9, propose à présent le T60 Max, animé par un moteur diesel 2,0 l biturbo de 215 ch.
Décision a été prise d’arriver en France avec une version double cabine quatre places. Cette configuration ne permet pas de s’affranchir de la TVA, mais elle exonère en revanche les clients professionnels du malus CO2, du malus au poids et des taxes sur l'affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS). Un moindre mal. Maxus se montre raisonnablement ambitieux avec un objectif de 300 commandes en 2026.
Fiscalité avantageuse
Une déclinaison deux places, qui permettrait de récupérer la TVA, est également à l’étude. Il suffirait pour cela au constructeur d’ôter la banquette arrière, ce qui laisserait alors place à un vaste espace de rangement intérieur. Mais cette version ne verra pas le jour dans l’immédiat, sauf nouveau changement radical de réglementation.
Revenons à la proposition du moment. Le T60 Max ressemble fortement au T90. Il s’agit pratiquement du même véhicule, agrémenté toutefois d’une mise à jour esthétique. Évidemment, la motorisation diffère. Le bloc diesel de 215 ch (500 Nm, 170 km/h) permet au pick-up d’être bien plus polyvalent.
Il faut en revanche composer avec son fort appétit en carburant. Il est annoncé à 9,1 l/100 km (236 g/km de CO2), mais son réservoir de 75 l permet d’espacer les passages à la pompe. L’autre point sensible est le manque criant d’insonorisation entre le compartiment moteur et l’habitacle. Les vocalises du diesel sont trop prononcées à bord et finissent par user les occupants.
D’autant plus dommage que le T60 Max est agréable à manœuvrer avec une direction souple et précise ainsi qu’une boîte auto ZF à huit rapports très fluide. Il est également un bon franchisseur grâce à sa boîte de transfert avec verrouillage mécanique fournie par BorgWarner.
Finition qualitative
Ce dispositif se matérialise à bord par une molette permettant de passer rapidement de 2 à 4 roues motrices (rapports longs et courts). Un mode auto est également proposé pour bénéficier de la meilleure adhérence en cas de conditions difficiles.
Les professionnels seront également sensibles aux capacités utiles du T60 Max. Sa charge utile atteint 865 kg, une valeur honorable, et il peut tracter jusqu’à 3 500 kg. Ajoutez à cela un équipement de série complet, tant en termes de sécurité que de confort (recharge par induction, sièges avant chauffants, caméra 360°, régulateur de vitesse adaptatif...).
À bord, l’ambiance est agréable et la finition assez qualitative pour un pick-up. Le double écran de 12,3 pouces participe à cette bonne impression générale. La dalle centrale tactile permet de gérer la plupart des fonctions mais quelques bugs ont terni notre prise en main. Il nous fut impossible de connecter un smartphone via les systèmes Apple CarPlay ou Android Auto. Un réel handicap puisqu’il s’agit du seul moyen d’avoir la navigation. Le T60 Max en est dépourvu sans cela.
Proposé à partir de 45 480 euros TTC, le pick-up souffle donc le chaud et le froid. Il lui en manque peu pour être à la hauteur de la concurrence, emmenée par les Ford Ranger, Isuzu D-Max et Toyota Hilux. Gageons que la capacité du constructeur chinois à améliorer ses produits en cours de vie devrait lui permettre de corriger le tir rapidement.
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