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Coup d’accélérateur attendu pour les mobilités douces ?

Publié le 24 mars 2022

Par Damien Chalon
3 min de lecture
Zoom de l’Arval Mobility Observatory – Plombés par la crise sanitaire, les services de mobilité partagée reviennent sur le devant de la scène. L'explosion des prix de l'énergie incite de plus en plus les automobilistes à laisser leur voiture au garage.

En 2020, la Covid-19 avait donné un coup d’arrêt aux mobilités partagées et à la fréquentation des transports en commun, remettant en selle – outre le vélo et la trottinette – l’usage de la voiture individuelle et la pratique de l’autosolisme pour éviter tout risque de contamination. Deux ans plus tard, la guerre en Ukraine et l’explosion des prix de l’énergie (et donc des carburants) incite au contraire les usagers à laisser leur automobile au garage et à enfourcher qui, leur vélo ou leur trottinette, ou à se convertir au covoiturage pour partager les coûts.

 

"Combattez Poutine, faites du vélo", lançait il y a quelques semaines un Britannique sur les réseaux sociaux en signe de soutien au peuple ukrainien, se taillant au passage un franc succès auprès des internautes, rappelle le site Novethic. Les nouvelles mobilités, qu’elles soient partagées ou individuelles, bénéficient en effet d’un sérieux coup d’accélérateur.

 

Zenride, l’un des pionniers de la location de vélos en entreprise, note qu’avant le début du conflit, il comptait dans son portefeuille de clients plus de 60 entreprises et groupes français représentant quelque 150 entités. En l’espace de 15 jours, début mars, une quinzaine de nouvelles entreprises l’ont contactée pour louer des vélos face à l’envolée des prix des carburants. Même constat pour le covoiturage, où le leader Blablacar annonce deux fois plus d’inscriptions sur son offre "trajets du quotidien" qu’avant l’offensive russe sur l’Ukraine. Preuve que les conducteurs ne boudent aucune opportunité de réduction de leur budget carburant, lequel peut représenter jusqu’à 20 % de leur facture automobile mensuelle.

 

L’inflation générale sur les prix des carburants, associée aux craintes sur les approvisionnements européens en gaz et pétrole, ferait-elle les beaux jours des micro-mobilités ? Elle peut en tout cas contribuer à soutenir des initiatives innovantes sur le marché, telles que la location longue durée de vélos électriques ou des formules d’abonnements sans engagement, très en vogue également dans l’univers automobile.

 

A Paris, la jeune société Motto vient ainsi de lancer une offre de VAE pour 75 euro par mois, sans durée d’engagement, avec des services d’assistance et de réparation. Si la formule fait mouche dans la capitale, elle sera alors déployée dans deux autres villes en France, avant de mettre les voiles sur Londres, voire aux États-Unis. Les offres partagées sont aussi à l’honneur à Paris, cette fois sur le segment des scooters électriques. Un appel d’offres est en cours dans la capitale pour la sélection de trois opérateurs qui devront disposer d’un parc de 1 500 scooters de 50 cc.

 

Un autre évènement, moins dramatique heureusement que la guerre en Ukraine et l’explosion des prix à la pompe, pourrait apporter de l’eau supplémentaire au moulin des mobilités douces dans les prochains jours. Il s’agit de l’appel à la grève "illimitée" à la RATP à partir de demain (25 mars), qui a pour ambition de  perturber les transports en commun franciliens, comme l’avait déjà fait celle du 18 février (huit lignes de métro entièrement fermées et six ne fonctionnant qu’aux heures de pointe).

 

A l’inverse des grandes grèves des transports du "monde d’avant", le recours au télétravail permettra cette fois de limiter les "galères" pour les usagers les plus chanceux. Pour les autres, ce sera peut-être l’occasion de tester l’une de ces nouvelles offres de déplacements. Et de remettre au goût du jour la réflexion d’un ancien président de la République, pour qui, "quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit". C’était en 2008 !

 

L’Arval Mobility Observatory

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