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Kia Niro : l’outsider n°1

Publié le 28 juillet 2022

Par Damien Chalon
7 min de lecture
La nouvelle génération du Kia Niro ne manque pas d’arguments pour venir jouer les trouble-fêtes sur le segment C-SUV. Outre ses trois motorisations, électrique, hybride rechargeable et full hybride, il mise sur un design plus abouti, sur une habitabilité nettement améliorée et un contenu technologique plus dense.
La version électrique du Kia Niro devrait être la plus vendue en France.
La version électrique du Kia Niro devrait être la plus vendue en France.

Pas facile d’exister sur le segment C-SUV, parmi les plus disputés en France et en Europe. Bien que la catégorie soit dominée par les marques continentales, certains produits plus lointains ont malgré tout réussi à se faire un nom. C’est le cas du Kia Niro.

 

Depuis son arrivée dans l’Hexagone en 2016, il s’est écoulé à 38 000 unités, dont près de 9 500 en 2021, son record. La clé de son succès tient à son offre unique, articulée autour de trois motorisations électrifiées. L’offre full hybride fut la première à officier, suivie en 2017 par la version hybride rechargeable et en 2018 par la déclinaison 100 % électrique. Cette dernière a représenté deux tiers des ventes l’an passé.

 

4 000 commandes à fin juin

 

L’heure de la deuxième génération a sonné. Dévoilée en première française à l’occasion du salon automobile de Lyon, au mois d’avril 2022, elle a suscité un enthousiasme immédiat, grâce à son look plus athlétique, avec près de 4 000 commandes à fin juin alors que le réseau ne disposait pas encore de modèles de démonstration. Les versions hybrides sont arrivées courant juin, l’électrique courant juillet. Marc Hedrich, le président de Kia France, estime d’ailleurs que le véritable top départ du nouveau Niro est pour ce mois de septembre.

 

 

Le constructeur anticipe une forte demande pour le Niro EV, dans la lignée de la génération précédente. L’électrique devrait ainsi représenter 50 à 60 % des ventes, le full hybride et le PHEV se partageant le volume restant à parts égales. "La version hybride rechargeable devrait surtout être demandée par les entreprises avec un mix de 60 à 80 %", anticipe Marc Hedrich.

 

Son homologation débutant à 18 g/km de CO2 est un argument de poids pour les pros, les plus malins ayant même pu bénéficier du bonus de 5 000 euros accordé jusqu’à fin juin à tous les modèles compris entre 0 et 20 g/km. Le législateur a eu vent de cette faille dans le dispositif et a modifié depuis la règle en réservant le bonus maximum aux seuls véhicules électriques.

 

Meilleure habitabilité

 

La question se pose légitimement de savoir quelle est la version la plus pertinente. En termes de mensurations, elles font jeu égal avec une longueur de 4 420 mm (+65 mm comparé à la génération précédente), une largeur de 1 825 mm (+25 mm), une hauteur de 1 545 mm (+10 mm) et un empattement de 2 720 mm (+20 mm).

 

L’habitabilité est ainsi en nette progression, notamment aux places arrière où l’espace aux jambes s’accroît de 44 mm. En revanche, le volume de coffre diffère en fonction des énergies : 451 l en full hybride, 348 l en PHEV et 475 l en électrique. L’EV est donc la version la plus performante dans ce domaine.

 

 

Côté motorisations, la philosophie diffère évidemment selon les trois propositions. La version full hybride (HEV) associe un moteur essence 1.6 TGDi de 105 ch, un moteur électrique de 43,5 ch (141 ch de puissance cumulée), une batterie de 1,32 kWh et une boîte à double embrayage à 6 rapports. Le tout est homologué, selon les finitions, entre 100 et 105 g/km. La fourchette tarifaire s’étend quant à elle de 31 790 à 37 240 euros. A l’essai, cette version HEV est, de loin, la moins convaincante car la plus gourmande en carburant et la plus bruyante, le moteur essence ayant trop tendance à s’emballer pour venir au chevet de la petite batterie.

 

En hybride rechargeable, la puissance du Niro grimpe à 183 ch. Le moteur essence est le même mais il est ici associé à un bloc électrique de 84 ch et à une batterie de 11,1 kWh et son chargeur embarqué de 3,3 kWh. Kia annonce une autonomie de 65 km en tout électrique (+16 km par rapport à la génération précédente), ce qui permet donc une homologation très avantageuse comme évoqué précédemment.

 

Pour les entreprises, cette offre est très intéressante fiscalement, reste ensuite à sensibiliser les salariés sur la question de la recharge. Les tarifs du PHEV débutent à 38 990 euros pour culminer à 44 400 euros. Assurément une bonne pioche, à condition encore une fois d’en faire bon usage. A l’essai, le PHEV s’avère d’ailleurs plus agréable bien qu’il soit légèrement plus lourd (1 474 kg vs 1 594 kg). Dommage enfin que le volume de coffre ne soit pas à la hauteur.

 

460 km d'autonomie pour le Niro EV

 

Et si La version électrique était finalement le meilleur compromis ? Kia n’a pas modifié outre-mesure les caractéristiques de ce modèle, qui développe toujours 204 ch avec une batterie de 64,8 kWh. A noter que la petite batterie disparaît du catalogue, faute de demande. L’autonomie est en légère progression, à 460 km (+5 km), une valeur de très bon niveau pour la catégorie, supérieure à celle d’une Volkswagen ID.3 ou d’une Renault Mégane E-Tech. Quant aux tarifs, ils ne sont pas si éloignés puisqu’ils débutent, hors bonus, à 44 490 euros pour s’élever à 48 740 euros. Pour la recharge, le Niro EV dispose d’un chargeur triphasé de série de 11 kW. Il peut encaisser également jusqu’à 72 kW en courant continu, ce qui permet de faire le plein de la batterie à 80 % en 43 minutes via une borne publique de 300 kW.

 

 

Le nouveau Niro est dans les trois cas un produit bien né, d’autant plus que Kia a élevé le niveau pour ce qui est de la qualité des matériaux et du contenu technologique. Des progrès déjà entrevus sur le nouveau Sportage. La planche de bord est d’ailleurs très proche entre les deux modèles. En version haut de gamme, le Niro dispose de deux écrans de 10,25 pouces (en entrée de gamme, l’écran du combiné d’instruments est de 4,2 pouces et l’écran central de 8 pouces). Les aides à la conduite ne manquent pas et ont d’ailleurs tendance à se manifester trop bruyamment, ce qui pourrait amener les conducteurs à en désactiver certaines.

 

Dernier élément pour départager les trois Niro, les offres de location longue durée. Sur des contrats de 49 mois/40 000 km avec un premier loyer de 2 500 euros, Kia propose une mensualité de 277 euros pour la version HEV, de 337 euros pour la version électrique et de 387 euros pour la version PHEV. L’électrique apparaît une nouvelle fois en bonne position à un prix attractif. De quoi confirmer que le nouveau Niro se positionne comme l'outsider n°1 sur le marché des C-SUV.

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