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Voiture électrique : charger c’est bien, payer c’est encore mieux !

Publié le 23 juin 2022

Par Damien Chalon
4 min de lecture
Zoom de l’Arval Mobility Observatory – Rouler en électrique peut, dans certains cas, s'avérer une expérience décevante. La recharge sur la voie publique demeure problématique dans la mesure où les conducteurs n'ont pas la garantie de pouvoir faire le plein à toutes les bornes.

Rien de tel que d’essayer une voiture électrique pour pouvoir en parler en connaissance de cause. C’est sans doute dans cette optique qu’un journaliste du Figaro a profité du week-end de la Pentecôte pour partir en famille en Creuse à bord d’une voiture 100 % à batterie.

 

Sa chronique rappelle par certains égards les péripéties rencontrées à la fin du XIXe siècle par la famille Fenouillard en voyage. Elle donne surtout la mesure des efforts qu’il reste à accomplir pour mettre nos infrastructures en phase avec les ambitions affichées.

 

Son périple de 330 km avait certes bien commencé, avant de sérieusement se compliquer, notre conducteur errant entre la station de Salbris (A71), le Lidl de Vierzon, la première station BP sur l’A20, la concession Kia puis le Auchan de Châteauroux… Pour quoi faire direz-vous ? Pour essayer de recharger le véhicule, tout simplement.

 

C’est là que notre néophyte découvre par exemple, "que le paiement par carte bancaire, comme dans n’importe quelle station-service, n’est pas prévu. Chaque prestataire de bornes de recharge propose son abonnement. Ajoutons que les systèmes de paiement ne sont pas harmonisés. Certains possèdent six cartes pour être tranquilles… C’est aussi cela la magie de l’électrique!"

 

Au bout de la route et de plus de 7 h de trajet, c’est enfin l’arrivée à bon port. Pas sûr que cette expérience ait fait chavirer le cœur de ce journaliste pour l’électrique. "Les pionniers de cette révolution sont de plus en plus nombreux et méritent, on ne le dit pas assez, notre plus profond respect. Car, contrairement aux jolis discours du gouvernement, des écolos et des publicitaires, la mobilité en électrique est loin d’être une sinécure pour ceux qui osent le voyage au long cours plutôt que le cabotage", écrit-il avec un certain sens de la mesure.

 

On ne le dira jamais assez : mettre à la route des modèles 100 % électriques c’est bien, puisque c’est bon pour le climat. Donner accès à des ménages modestes, à des solutions de financement pour leur permettre de rouler en électrique, c’est louable. Garantir à tout un chacun de pouvoir recharger, sans avoir la boule au ventre par crainte de ne pas trouver une borne de recharge (qui plus est, en état de fonctionnement), c’est un pré-requis pour l’écosystème électrique.

 

L’Europe a fixé un cap aux pays membres : disposer d’une station de recharge publique tous les 60 km sur les grandes axes routiers (avec au moins une borne utra-rapide) au plus tard en 2030. Un objectif jugé insuffisant selon certains observateurs, qui évaluent les besoins à près de 7 millions de bornes… Et même si le maillage territorial est au rendez-vous, encore faudra-t-il s’assurer de l’interopérabilité entre toutes ces installations, pour éviter justement à ces "pionniers" de l’électrique d’avoir à se promener avec de multiples cartes d’abonnement et de paiement dans les poches.

 

Il n’est pas une journée sans que l’on reçoive une information sur l’installation d’une borne de recharge rapide ou ultra-rapide dans telle ou telle ville, une alliance entre une enseigne commerciale et un opérateur de recharge pour la mise en place de centaines de points de charge, un accord entre un gestionnaire de parkings et un fabricant de bornes ou encore la mise en place de bornes sur les aires d’autoroutes.

 

Plus récemment, sans doute conscients des dégâts que constitue l’impossibilité de recharger pour l’image du véhicule électrique, les constructeurs se sont aussi saisis du dossier. Dernier en date, le groupe Volkswagen et ses 200 points de charge programmés en concessions en France. Paris ne s’est certes pas fait en un jour. Mais aujourd’hui, il y a une certaine urgence (pas seulement climatique) pour le véhicule électrique.

 

Et encore ne parle-t-on pas ici des tarifs de l’électricité, longtemps érigés comme étendard par les pro-électriques; ils font désormais, eux aussi, l’objet de toutes les inquiétudes en raison des tensions internationales. Décidément la montée en puissance du véhicule à batterie ne rime pas encore avec "long fleuve tranquille".

 

L’Arval Mobility Observatory 

 

  1. "Rouler en électrique, la bonne blague". Jacques-Olivier Martin. Le Figaro 12 juin 2022 
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