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Envolée des prix de l’énergie : un bon point pour l’hydrogène ?

Publié le 23 septembre 2021

Par Damien Chalon
4 min de lecture
Zoom de l’Arval Mobility Observatory – Au cours des siècles passés, il y a eu la ruée vers l’or, puis celle vers le pétrole. Allons-nous bientôt connaître celle vers l’électricité, sachant qu’il n’y a pas pour cette dernière de gisements à proprement parler ?

La question se pose avec l’envolée actuelle des prix de l’électricité et du gaz sur les marchés de gros internationaux. Certes, les records sont faits pour être battus un jour ou l’autre, mais dans le domaine énergétique, on enchaîne actuellement les hausses historiques d’une semaine sur l’autre : +300 % pour les cours du gaz cotés à Rotterdam depuis le début de l’année (70 euros le mégawattheure) et +97 % pour les cours de l’électricité (110 euros le mégawattheure), rappelait le quotidien Les Echos il y a quelques jours (1).

 

L’année de référence prise pour calculer les hausses compte bien sûr beaucoup, et à cet égard, en 2020, les prix de l’énergie s’étaient effondrés en raison de la crise sanitaire. "Si l’on prend 2018 comme référence, la hausse est beaucoup moins sensible : les prix du gaz ont certes augmenté d’environ 150 % mais les prix du pétrole s’établissent à des niveaux comparables", insistent Jacques Percebois et Boris Solier, professeurs à l’Université de Montpellier dans leur chronique pour Connaissance des Energies (2).

 

Tous les points de vue peuvent s’entendre, mais pour les industriels comme pour les ménages, l’année de référence a finalement peu d’importance, alors les conséquences de cette envolée sont d’ores et déjà là, ou vont arriver prochainement. Et elles se résument en quelques mots : hausse des factures. Après des mois de sinistrose sur le front de l’activité économique (pour les industriels) et à quelques mois des échéances électorales (pour les ménages), la perspective de devoir payer plus cher le gaz ou l’électricité est une "bombe à retardement" sur le bureau de l’exécutif. Peu importe que la France soit mieux (ou moins mal lotie) que ses voisins britanniques, italiens ou espagnols en raison de son parc nucléaire. Dès que la question du pouvoir d’achat est dans la balance, il y a urgence absolue.

 

Cette séquence appelle aussi à la réflexion pour le moyen terme. Au nom de la transition énergétique, les énergies fossiles sont condamnées à plus ou moins brève échéance. Dans le domaine des transports, les modèles électriques doivent se substituer aux motorisations diesel et essence d’ici 2035, pour respecter le plan de marche de la Commission européenne. Il faudra donc bien, d’ici là, non seulement construire un réseau de stations de recharge, mais en plus, l’alimenter avec une électricité qui ne soit pas hors de prix pour les consommateurs. Faute de quoi, c’est tout l’écosystème de l’électromobilité, dont on nous vante les atouts depuis plusieurs années maintenant, qui risque d’être mis à mal.

 

Dans cet emballement général, un combustible entend bien faire valoir ses arguments : l’hydrogène. A l’occasion du Forum Hydrogen Business for Climate, qui se tiendra fin septembre à Belfort, les organisateurs ont pris le pouls des Européens sur leur appétence vis-à-vis de cette énergie promise (sur le papier) à un bel avenir (3). Selon l’enquête menée en France, Allemagne, Autriche et en Suisse par la société d’études de marché Yougov, les véhicules à hydrogène incarnent l'avenir de la mobilité et des transports. Ils sont 44 % en France à partager ce point de vue, contre 48 % en Allemagne. Plus les répondants sont jeunes, plus ils se disent favorables (12 % chez les 18-24 ans, contre 7 % seulement chez les 34-44 ans).

 

Devant ce bel engouement, il convient d’apporter quelques "bémols". Car les Français ne savent pas vraiment ce qu’est l’hydrogène, ni comment on le produit ! À la question "Connaissez-vous au moins une ou plusieurs façons de produire de l'hydrogène ?", 63 % des répondants français admettent ne pas savoir…

 

Communiquer et informer le grand public sur ce qu’est l’hydrogène, ses atouts mais aussi ses limites, semble bien une nécessité pour les prochaines années. C’est justement le thème du prochain cahier de l’Arval Mobility Observatory, qui sous forme de 20 questions, tente d’apporter des réponses à nombre d’interrogations.

 

L’Arval Mobility Observatory

 

  1. "Electricité, gaz : l’inquiétude monte face à la flambée incontrôlée des prix". Les Echos 20 septembre 2021.
  2. Vers une envolée des prix du gaz et de l’électricité en 2022 ? Connaissance des Energies, 15 septembre 2021.
  3. L’enquête a été réalisée auprès de 1000 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. L’enquête a été réalisée en ligne du 29 au 30 juin 2021 via le panel propriétaire de YouGov France.

 

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