Essai Kia EV2 : la locomotive électrique

De retour aux affaires à la tête de Kia France, après deux ans aux commandes de l’Europe, Marc Hedrich en est persuadé : "Avec l’EV2, je pense sincèrement que nous avons la meilleure voiture électrique du segment B-SUV". Mieux qu’une Renault 4 E-Tech, un Ford Puma Gen-E ou une Peugeot e-2008 déjà sur le marché ? Mieux que les VW ID. Cross et Skoda Epiq à venir ?
Le débat est ouvert et ce n’est pas ici que nous le trancherons. Mais oui, clairement, l’EV2 a les armes pour s’inviter à la table des références de la catégorie. À tel point que Kia France nourrit des ambitions élevées. En 2027, pour sa première année pleine de commercialisation, la marque vise 10 000 immatriculations.
Relancer la machine Kia
Marc Hedrich l’affirme, "l’EV2 sera la nouvelle locomotive de Kia en France". Un rôle jusque-là assumé à tour de rôle par la Picanto et le Sportage. Le dirigeant table sur le fait que "la demande électrique est en train d’exploser tant du côté des sociétés que des particuliers".
L'EV2 arrive à un moment clé pour Kia France. La marque sud-coréenne a décroché au niveau commercial, passant de 50 000 unités dans les années post-Covid à moins de 34 000 en 2025. La faute à un plan produits peu porteur et à une fiscalité française qui a coupé les ailes à certains modèles comme l'EV3 qui n'a pas reçu l'écoscore.
Pourquoi l’EV2 tirerait-elle son épingle du jeu, là où l’EV3 par exemple a échoué ? Pour la simple et bonne raison qu’elle sera écoscorée, à l’instar de l’EV4 d’ailleurs. Kia doit l’obtention de ce précieux sésame à la production de ces deux modèles dans son usine hongroise de Zilina.
Marc Hedrich contourne l’obstacle en revanche pour évoquer les volumes 2026. Pour deux raisons. La première est que la production va s’échelonner en deux temps. Depuis février, priorité est donnée à la production de l’EV2 avec sa batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de 42,2 kWh, offrant une autonomie maximale de 317 km.
Jusqu'à 453 km d'autonomie
La version dotée de la batterie NMC (nickel-manganèse-cobalt) de 61 kWh (453 km), qui devrait représenter entre 60 et 65 % des ventes, sera quant à elle assemblée à compter de juin. Cette seconde batterie sera elle aussi produite en Europe. La seconde raison est le délai d’obtention de l’écoscore.
"L’EV2 sera écoscorée, il n’y a aucun doute à ce sujet, mais nous n’avons pas la main sur le timing. En fonction de la date d’obtention, nous aurons évidemment un impact sur les immatriculations", souligne Marc Hedrich. Ce passeport, indispensable pour exister notamment sur le marché BtoB, sera obtenu au plus tard en juin pour la petite batterie et en août pour la grande.
Notre prise en main a permis de constater que l’EV2 est un modèle cohérent et abouti. Pour Kia, ce petit SUV a le potentiel pour être la voiture principale d’un foyer. Pourquoi pas. Son look moderne, son grand empattement (2 565 mm) offrant un espace à bord proche de celui d’une Ceed, sa qualité d’assemblage, son triple écran de 30 pouces (12,3 pouces pour le combiné d'instruments, 5,3 pouces pour les commandes climatisation et 12,3 pouces pour la partie centrale) ou encore son insonorisation très poussée, digne d’un segment supérieur, font de l’EV2 un véhicule agréable, aussi bien au volant qu’en tant que passager.
Ajoutez à cela un volume de coffre convenable de 362 litres, plus un frunk sous le capot de 15 litres. Notre essai de la version à petite batterie a aussi permis de constater l’appétit très modéré en énergie, avec une consommation moyenne de 15 kWh/100 km (18 sur autoroute). Le moteur de 145 ch (135 ch avec la grande batterie) offre quant à lui suffisamment de punch pour toutes les situations, sans excès.
Entrée de gamme à 26 670 euros
Mention spéciale également aux palettes derrière le volant qui permettent de doser la récupération d’énergie de manière assez fluide. Enfin, pour la recharge, L’EV2 accepte jusqu’à 118 kW en DC, de quoi atteindre 80 % en 30 minutes. Dommage en revanche que le chargeur embarqué de 22 kW soit optionnel. L'équipement est facturé 1 250 euros et n'est proposé que sur les finitions supérieures Earth et GT Line. Il s'accompagne de la recharge bidirectionnelle (V2G et V2L).
Côté tarifs, l’EV2 42,2 kWh débute à 26 670 euros en finition Light, pour atteindre 31 220 euros en finition Earth. Kia communique en outre sur un prix d'attaque de 19 970 euros toutes aides déduites. En 61 kWh, l'EV2 coûte entre 33 320 euros (finition Air) et 37 320 euros (finition GT Line).
Pour les professionnels, axe de développement important pour Kia avec l'EV2 en tête de gondole, des finitions Business sont au programme. Les tarifs vont de 30 270 à 32 770 euros pour la 42,2 kWh et de 34 770 à 38 170 euros pour la 61 kWh.
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