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Des boîtes noires obligatoires dans les véhicules neufs dès mai 2022

Publié le 20 avril 2022

Par Louis Choiset
5 min de lecture
Certains éléments d'aide à la conduite seront obligatoires, dès le mois de mai 2022, sur les véhicules neufs, notamment les boîtes noires. L'objectif de Bruxelles est de réduire les accidents et de poursuivre la route vers les mobilités autonomes.
Les réglementations sur les ADAS sont un progrès dans le développement des véhicules autonomes.
Les réglementations sur les ADAS sont un progrès dans le développement des véhicules autonomes.

La course vers les véhicules autonomes est lancée. Ces dernières années, de nombreux progrès ont été réalisés sur les systèmes d’aide à la conduite (Adas). Dès le mois de mai 2022, ce sont les boîtes noires qui seront obligatoires sur les nouveaux véhicules. Leur but étant de sauvegarder automatiquement les données lors d'un accident.

 

La boîte noire enregistre les informations de conduite qui précèdent, accompagnent et suivent le choc de l’accident. La vitesse, le freinage, mais aussi le port ou non de la ceinture et l’activation des équipements de sécurité seront enregistrés. Ces informations seront utilisées par les forces de l’ordre, lors des enquêtes. Cependant, ce n’est pas le seul objectif de ce dispositif qui surveille aussi les constructeurs.  

 

"La boite noire va également communiquer la data auprès des constructeurs afin que l'Etat contrôle si les émissions polluantes communiquées par les constructeurs sont bien exactes et conformes à la norme. Le but est de s'assurer que les éléments du véhicule concordent avec ce qui a été défini par les constructeurs", déclare Éric Boiron, co-fondateur du réseau Expert Team, cabinet de consultants indépendants spécialisé dans la mobilité des organisations publiques et privées.

 

Massification des Adas

 

Les systèmes Adas sont déjà omniprésents dans de nombreux véhicules. "Ce ne sont pas de nouvelles technologies, on utilise des systèmes qu'on retrouve dans l'informatique, l'aviation etc. Les voitures intègrent ces éléments-là d'origine et ils sont activés ou non. C'est comme un téléphone, vous achetez des applications mais tout est déjà dedans." ajoute Eric Boiron. 

 

Selon de nouvelles réglementations, ces technologies seront obligatoires sur les véhicules neufs. Parmi ces aides à la conduite, on retrouve les avertisseurs de franchissement de ligne, le freinage d'urgence avancé, l'amélioration des ceintures de sécurité via des crash-tests, l'avertissement de somnolence et de distraction du conducteur, l'assistance de vitesse intelligente et les caméras/capteurs pour les marches arrière.

 

A lire aussi : Les Adas bousculent le marché

 

Celles-ci valident un niveau déjà atteint par les constructeurs qui ne pourront plus vendre de véhicules ne disposant pas du nombre de normes minimal pour garantir la sécurité de tout le monde. Dans cette révolution, ce sont les assureurs qui seront les plus affectés par les conséquences économiques de ces nouveaux dispositifs, comme l'explique Éric Boiron : "on voit le coût des réparations augmenter. Par exemple, quand un pare choc est percuté ou qu'un pare-brise est changée, il y a des caméras endommagées à changer ou reparamétrer. Le coût est élevé pour les assurances et non pas pour les clients ou constructeurs. En contrepartie, grâce à ces outils, le nombre dommages sera en diminution. Moins de réparations mais un coût plus élevé." 

 

Moins de dommages rime de fait avec accroissement de la sécurité des utilisateurs. En 2017, le constat européen était de 25 300 morts sur les routes et 135 000 blessés graves. Derrière la massification des Adas, il y a donc l’objectif de sauver jusqu'à 10 500 vies sur la période 2020-2030 et d'éviter 60 000 blessés graves.  

 

"10% des accidents sur autoroutes sont dus à la fatigue, d’où la caméra de détection des traits de fatigue sur le conducteur. Il y a également la vitesse, l'alcool et autres addictions. L'Etat a proposé que les voitures soient équipées d'un éthylomètre. On peut très bien décider du jour au lendemain que certaines personnes devraient souffler dans un tuyau pour démarrer la voiture. Demain il est possible qu'on ait ce type de réglementation, détaille Éric Boiron. Cependant, sans les voitures autonomes, il parait difficile de diminuer tous ces types d'accidents." 

 

Sécurité et autonomie  

 

Lutter contre le nombre d'accidents de la route et développer des véhicules autonomes sont deux objectifs qui se corrèlent comme l'annonce la commission Européenne : "il s'agit maintenant de relever uniformément le niveau de sécurité, et de préparer le terrain pour la mobilité connectée et automatisée du futur." 

 

C'est pourquoi le développement des Adas nous rapproche du véhicule autonome. "Le but est de préparer l'automatisation des véhicules. Ce qui va amener les véhicules à circuler très collés les uns des autres, avec un pilotage automatique, de la vitesse et des freinages par communication des véhicules entre eux. À ce moment-là les véhicules seraient autonomes et s'arrêteraient tout seuls, c'est à ce niveau-là que l'on souhaite arriver", déclare Eric Boiron qui reste toutefois peu optimiste sur le développement d'un véhicule entièrement autonome : "un véhicule autonome pourra l'être sur certains types de routes notamment les autoroutes. Entre les tunnels, les montagnes et autres aléas de la route, cela risque d'être plus compliqué que prévu. Il faudrait que tout le monde possède des voitures autonomes et qu'elles communiquent entre elles pour avertir des risques de collision par exemple. Un véhicule autonome, tout seul, qui réagit à tous les imprévus de la route, c'est encore trop tôt, peut-être en 2030 ou en 2050 ou peut être jamais.

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