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Télétravail, nouvelles mobilités : le bon moment pour le MaaS

Publié le 26 novembre 2020

Par Arval Mobility Observatory
3 min de lecture
Zoom de l’Arval Mobility Observatory – A l’heure où l’on reparle déconfinement du pays, le temps est peut-être venu de lister les "gagnants" de cette pandémie mondiale qui a changé en une année toute l’organisation de nos vies.

 

Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, il y a et aura des gagnants de la Covid-19. Les Gafa bien sûr, la digitalisation aussi et… le télétravail sans doute. Comme l’explique le journaliste François Lenglet dans son dernier ouvrage, "il s’est produit sous nos yeux, l’espace de quelques semaines seulement, une révolution inverse à celle de la fin du XIXème siècle, lorsqu’on avait constitué les bureaux en regroupant les salariés dans un même lieu". (1)

 

En mars dernier, face à la menace de la Covid-19, dont on ne savait à l’époque pas encore grand-chose, sinon qu’on n’avait aucun vaccin pour endiguer sa progression, tout ce qui dans le télétravail freinait les dirigeants a volé en éclats : conséquences de l’éloignement des salariés, perte de contrôle des managers, crainte sur la productivité. Avant la Covid-19, rappelle François Lenglet, "le principal blocage était dans les têtes : les chefs voulaient voir et les salariés voulaient être vus."

 

Huit mois de crise sanitaire et deux confinements plus tard, le télétravail est libéré de ses préconçus et va devenir au contraire le mode d’organisation du travail du futur. Dans des sociétés comme le spécialiste de paiement mobile Square ou chez Twitter, on se dirige purement et simplement vers le télétravail à durée indéterminée. En France le symbole même du déplacement et de la mobilité, le constructeur PSA, prône le télétravail et l’arrêt au stand (ou plutôt à la maison) pour ses 40 000 salariés.

 

A la clé de ces chamboulements stratégiques, des économies de m2 carrés de bureaux (30 % d’ici deux ans pour la marque au lion) et donc de loyers, ou des reports d’agrandissements de locaux. Du côté des salariés, ce sont des heures perdues dans les transports en moins, une nouvelle façon de gérer vie privée et vie professionnelle, la possibilité de déménager dans des villes où les prix de l’immobilier sont moins tendus…

 

Reste que la politique du "télétravail à 100% chaque fois que c’est possible" a aussi son revers de la médaille. Et pas seulement en termes de risques psycho-sociaux qu’elle peut faire peser sur certains salariés moins aptes que d’autres à travailler à distance. Ou de réorganisations à venir des sièges sociaux de groupes à la recherche d’économies (comme le prouvent d’ores et déjà les plans annoncés ou à venir chez Danone et Total).

 

Qui dit télétravail, dit réduction des trajets et de l’usage des transports. Le trafic sur les routes et dans les transports avait plongé à 5 % de la normale lors du premier confinement et à 20 % lors du second. Qui dit télétravail, dit réduction des trajets et de l’usage des transports. Dans ce contexte et si le télétravail devient bel et bien la règle dans les entreprises, nous voyons se dessiner une nouvelle ère dans les déplacements assemblant voiture, transports, travail déporté, horaires modifiés,... Le MaaS (mobilité as a service), on va cesser d’en parler, on va le vivre et sans doute, plus rapidement que prévu.

 

L’Arval Mobility Observatory

 

"Quoi qu’il encoût€ !", François Lenglet, Albin Michel, septembre 2020.

 

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