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Hydrogène, es-tu là ?

Hydrogène, es-tu là ?

Zoom de l’Arval Mobility Observatory - Le véhicule électrique est l’arme de dissuasion massive des pouvoirs publics pour conduire et gagner, - espèrent-ils - la bataille de la transition énergétique. Mais une autre filière entend bien afficher ses ambitions dans cette révolution écologique, et bénéficier du même coup de la générosité de l’Etat.

 

Les industriels de l’hydrogène (H2), puisqu’il s’agit d’eux, estiment que leurs initiatives de plus en plus nombreuses permettront de contribuer à la réussite de la stratégie « zéro carbone » voulue par la France.

 

Mais la route reste semée d’embûches pour les acteurs de la filière, car il y a les « pro » et les « anti » H2.  L’hydrogène est-il comme l’écrivent les auteurs de la revue d’actualité en ligne Contrepoints « une terrible illusion comme énergie alternative aux combustibles fossiles ? » (1) ou au contraire sera-t-il « le nouveau Graal des équipementiers automobiles » ou « l’avenir de la voiture électrique ? », comme s’interrogent Les Echos (2)?

 

Quoi qu’il en soit, la montée en puissance de l’hydrogène passera dans un premier temps par les régions et les flottes captives. Les dernières annonces de l’Ademe, en janvier, confirment cette tendance. Les dix lauréats retenus dans le nouvel appel à projets de l’agence sur les écosystèmes de la mobilité hydrogène viennent compléter les 11 déjà sélectionnés en 2019. Au total, l’Ademe assure un financement de 80 millions d’euros pour ces projets qui déboucheront, entre autres, sur le déploiement de plus de 43 stations à hydrogène (pour un objectif de 100 en 2023).

 

Si le projet le plus ambitieux concerne le déploiement de 600 taxis à Paris pour le compte de la compagnie HYPE, devenant ainsi la plus grosse flotte de ce type dans le monde, avec Air Liquide et Toyota aux manettes, les initiatives régionales fleurissent. Il s’agit par exemple de déployer des bus à hydrogène dans des territoires aussi divers que Béthune, Châteauroux, Montpellier, Lyon, ou encore Le Mans, mais aussi de mettre à la route des bennes à ordures ménagères et même des camions.

 

« L’Everest de la filière » reste le développement de « l’hydrogène vert », produit par électrolyse à partir d’énergies renouvelables. Une façon de battre en brèche les critiques sur le vrai bilan écologique de l’hydrogène produit en vaporeformage, et dont on ne trouve qu’à peine 5 % à l’état libre sur terre.

 

Dans ce domaine, la Vendée entend bien faire la course en tête. Elle va accueillir sur le littoral, à proximité du parc éolien de Bouin, le premier site de production d’hydrogène 100 % vert en France réalisé par la start-up Lhyfe. Dès le premier semestre 2021, ce site produira plusieurs centaines de kilos d’hydrogène vert et alimentera des stations à La-Roche-sur-Yon, Challans, Saint-Gilles-Croix-de-Vie et au Mans.

 

La logique consiste également à mettre en place des « hubs de l’hydrogène » à l’échelle des territoires, avec l’appui de syndicats d’énergie et de transports. En région Auvergne-Rhône-Alpes, le projet emblématique « Zero Emission Valley » prévoit la création de 20 stations de charge pour accompagner la mise en circulation de 1 200 véhicules utilitaires H2 d’ici à 2023.

 

En jouant la carte des territoires et en favorisant la mutualisation des stations de recharge, la France peut pousser la mise sur le marché de véhicules à hydrogène, en privilégiant d’abord les véhicules lourds. En tout cas, les moyens suivent, même s’ils ne sont pas forcément à la hauteur des enjeux, selon les professionnels de la filière. Qui peut le plus, peut le moins.

 

L’Arval Mobility Observatory

(1). Contrepoints – 8 janvier 2020

(2). Les Echos- Novembre 2019 ; Juillet 2018.

 

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