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Bridgestone dit non au plan de continuation proposé par l'Etat

La réunion, le jeudi 12 novembre 2020, sur l'avenir du site de Bridgestone à Béthune.

Bridgestone dit non au plan de continuation proposé par l'Etat

Le scénario présenté par le gouvernement pour sauver l'usine de Béthune n'a pas été approuvé par Bridgestone qui confirme donc la fermeture. Les pouvoirs publics veulent toutefois trouver une autre solution, sans le manufacturier. Il y aurait 4 projets déjà bien définis.

 

Espoirs douchés pour le maintien de l'usine de Bridgestone à Béthune, dans le Pas-de-Calais : à l'issue d'une réunion, jeudi 12 novembre 2020, la ministre de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé que le géant japonais du pneumatique allait quitter le site, comprenant 863 emplois, rejetant un plan de continuation proposé par Bercy. "Mais nous serons là au côté des salariés pour trouver les meilleures solutions", a assuré la ministre, "nous allons nous battre pour que ce site reste industriel". "Bridgestone a fermé la porte, Bridgestone quitte le site de Béthune", "le scénario qui visait à maintenir une activité de production de pneus pilotée par Bridgestone a été refermé", a-t-elle déclaré à l'issue d'une réunion avec direction, élus et syndicats.

 

Pour tenter de sauver l'unité, dont le géant japonais du pneumatiques avait brutalement annoncé mi-septembre la fermeture courant 2021, le gouvernement avait proposé un plan prévoyant une continuation de l'activité avec le maintien, selon l'intersyndicale, de "525 à 555 emplois" sur les 863 du site. La ministre de l'Industrie s'était déjà rendue à Béthune le 6 novembre 2020, et indiqué aux salariés que l'État était prêt à prendre sa part au financement de l'investissement d'une centaine de millions d'euros nécessaire au projet. Il visait à équiper l'usine afin d'y produire, à l'horizon 2025, 1,3 million de pneus par an, de qualité supérieure à ceux de petit calibre actuellement manufacturés à Béthune.

 

Mais "Bridgestone ne souhaite pas investir à Béthune parce qu'ils considèrent que le marché est en surcapacité, nous ne partageons pas totalement cette appréciation mais nous prenons acte", a concédé la ministre. "Nous allons travailler sur des scénarios de reprise. Béthune a des talents, des savoir-faire", "l'espoir ce n'est pas que le drapeau de Bridgestone soit sur l'usine, c'est qu'à l'intérieur de l'usine, il y ait des gens qui continuent à travailler", a-t-elle relevé. Pour "implanter des activités d'avenir", elle a évoqué parmi les pistes un "écosystème en train de se mettre en place" dans la région avec un "site de batteries électriques qui va ouvrir et qui va recruter 2 400 personnes". Bridgestone a fait savoir dans un communiqué : "La recherche d'un repreneur au sein du secteur du pneu en partenariat avec Business France et la recherche d'activités hors pneus, ont permis l'identification de 10 opportunités dont 4 projets déjà bien définis."

 

Le président (ex-LR) du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a également refusé de s'avouer vaincu, en invoquant une possible reprise. "Il y a un projet sur des pneus. Bridgestone nous dit "on est même prêt à ce qu'un concurrent vienne s'installer à notre place". Dont acte", a-t-il affirmé. L'Etat et les collectivités restent prêts à mettre leur part "pour des projets de repreneurs sérieux qui ne soient pas Bridgestone", avec le même ratio d'un euro d'argent public pour 1 euro d'argent privé, a-t-il précisé. "Le bras-de-fer continue" par ailleurs avec Bridgestone, "pour qu'ils mettent le maximum sur le plan social", a-t-il insisté. "Il faut que Brigestone arrête de jouer la montre, arrête de jouer avec les nerfs des salariés".

 

"L'heure est pour nous au combat sur les mesures sociales, on va essayer d'aller chercher le maximum pour chacun des salariés", a de son côté réagi l'avocat de l'intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq, s'affirmant "déçu et en colère" de l'attitude de la direction. Le projet "tenait la route, et aujourd'hui Bridgestone l'a en 5 minutes balayé", a-t-il déploré. "Dès le lendemain de l'annonce de la fermeture, Bridgestone s'est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode, et dans cet accord, il s'engageait à rechercher des solutions alternatives, et nous on y a cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois", a-t-il rappelé. (avec AFP)

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