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Un plan de relance pour les véhicules électrifiés serait un coup d'épée dans l'eau, selon le CNPA

Sans intégration des véhicules thermiques dans le plan de relance, celui-ci ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau, selon le CNPA.

Un plan de relance pour les véhicules électrifiés serait un coup d'épée dans l'eau, selon le CNPA

Alors que les mesures d'aides à la consommation automobile doivent être dévoilées vers le 25 mai 2020, le CNPA organise ses demandes et milite pour un plan qui concernerait l'ensemble du parc et pas uniquement les véhicules électrifiés qui ne pèsent que pour 5 %.

 

Mesures de soutien aux entreprises des services de l’automobile et plan de relance de la demande : avec près de 30 % des entreprises automobiles qui craignent de devoir déposer le bilan avant la fin de l’année, l’urgence est bien réelle. "Entre 40 000 et 50 000 emplois sont en situation de risque dans notre filière, soit l’équivalent de plusieurs usines dans l’automobile", explique Xavier Horent, délégué général du CNPA, qui regrette que trop souvent les pouvoirs publics ne s’intéressent qu’à l'impact industriel des aides. Le danger est pourtant bien présent et, à quelques jours des décisions gouvernementales, l’organisation syndicale met en avant les points critiques pour l’ensemble des professionnels.

 

Mesures de soutien aux entreprises

 

Les résultats de la dernière enquête réalisée auprès de ses adhérents montrent qu’à la fin du mois d’avril, il ne restait que seulement 45 jours de trésorerie avec une forte variation selon les tailles d’entreprises (entre 1 mois de trésorerie et 4 mois pour les plus importantes d’entre elles). "L’inquiétude porte sur la fin de l’année car les comptes d’exploitation se dégradent à vitesse grand V", ajoute Francis Bartholomé, président national du CNPA. Pour soutenir le secteur, ce dernier demande la prolongation jusqu’à l’automne des prêts garantis par l’Etat (PGE) qui pourront servir notamment à compenser la faiblesse des fonds propres ainsi que la poursuite des mesures de chômage partiel après le 1er juin 2020 et du fonds de solidarité.

 

Enfin, si les reports de charges ont soutenu les chefs d’entreprise, le syndicat appelle à leur exonération partielle comme les entreprises du tourisme et de l’hôtellerie ont pu l'obtenir. Les impôts indirects comme la taxe locale sur les enseignes et publicités extérieures (TLPE) ou celle sur les surfaces commerciales (Tascom) font également partie des demandes d’exonérations au moins au prorata temporis de l’obligation de fermeture des commerces automobiles.

 

Mesures de relance de la demande automobile

 

Soutenu par les constructeurs automobiles, qui ont bien conscience que les usines ne peuvent redémarrer à produire pleinement si les ventes tournent au ralenti, le CNPA réclame des aides en faveurs des ménages.

 

D’ores et déjà, il est presque acquis, mais Bruno Le Maire, ministre de l’Economie doit annoncer officiellement lundi 25 mai 2020 le détail des aides, que le bonus pour l’achat d’un véhicule électrique par les particuliers passerait de 6 000 euros à ce jour à 8 000 euros. Celui pour pour les entreprises serait doublé en passant de 3 000 euros à 6 000 euros et qu’une aide à l’achat d’un véhicule hybride, de 2000 euros, serait apportée. "Les professionnels ont besoin d’un soutien de renouvellement du parc, ce qui signifie que cette prime doit intégrer une relance massive et globale. Il est illusoire de croire que la relance ne pourra passer que par les véhicules électrifiés", s’insurge Francis Bartholomé.

 

Les distributeurs automobiles avancent un niveau de stocks de véhicules d’occasion de 500 000 unités environ pour une immobilisation de trésorerie estimée à 10 milliards d’euros. Or, selon le CNPA, 51 % d’entre eux concernent des motorisations diesel et surtout 90 % des modèles thermiques. Si le sujet est bien de libérer les parcs et les stocks qui vont peser sur les comptes d’exploitation, un bonus amplifié pour les véhicules électrifiés ne sera pas de grande utilité.

 

Une réforme de la prime à la conversion est également envisagée mais selon nos dernières informations, celle-ci ne concernerait, une nouvelle fois, que les véhicules électrifiés. "Nous demandons de ne pas oublier les véhicules thermiques (...) Nous sommes persuadés qu'une relance massive sur 5 % du parc, c'est un coup d'épée dans l'eau, ça n'intéressera pas ceux de nos compatriotes qui ne veulent pas acheter de l'électrique", poursuit Francis Bartholomé. "Il n’est pas question de revenir sur l’amélioration du réchauffement climatique mais nous devons être pragmatique sur cette relance et revenir à une version élargie de la prime à conversion, comme l’était celle de 2018, pendant au moins 6 mois, jusqu’à la fin de l’année."

 

Cette version de la prime à la conversion, soutenue par la totalité de la filière (industrie et services), repose sur le renouvellement du parc qui permettrait d’éliminer les véhicules Euro 1 à 4 pour être remplacé par des Euro 6. Autre proposition du CNPA : l’aide à l’entretien du parc automobile avec l’attribution d’un chèque de 100 euros, sans condition de ressources.

 

Au global, les mesures de soutien du CNPA, y compris le plan de la relance de la consommation automobile, sont estimées à 1,5 milliard d'euros. En comparaison des 18 milliards obtenus par le secteur du tourisme, la facture n'est finalement pas si lourde.

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