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Véhicule autonome : Mentor encourage l'industrie à se tourner vers les jumeaux digitaux

Jean-Marie Saint-Paul, directeur de Mentor France et des régions Europe du Sud et de l'Ouest et MENA.

Véhicule autonome : Mentor encourage l'industrie à se tourner vers les jumeaux digitaux

Le jumeau digital devient le passage obligé pour les constructeurs engagés dans l'automatisation de la conduite, tout comme la nécessité de changer la méthode de conception des véhicules. Eclairage avec Jean-Marie Saint-Paul, directeur de Mentor France et des régions Europe du Sud et de l'Ouest et MENA.

Lors de votre événement annuel, le Mentor Forum Automobile, vous avez invité l'industrie à envisager une autre voie pour la conception des véhicules. Comment motivez-vous ce changement de paradigme ?

Jean-Marie Saint-Paul. Les concepts ne sont pas nouveaux. Ce qui a changé, c'est la notion d'urgence. On voit chez nos clients qu'il y a obligation de changer. Toute la difficulté, au-delà de la technologie qui évolue, repose sur la fin des silos. On ne peut solutionner toute la complexité d'un véhicule autonome, sans que les différentes branches ne se parlent. Les spécifications de haut niveau apportent ce langage commun qui facilite la compréhension, dans un marché qui gagne en maturité.

 

Il y a urgence dites-vous, mais y a-t-il le répondant en face ?

J-M S-P. Je suis sûr que les ingénieurs sont prêts. Ils veulent relever les défis, ayant intégré le fait que leur valeur repose sur leur expertise métier acquise durant les dernières années écoulées. Nous leur apportons des outils pour être créatifs et la créativité est loin d'être ce qui manque à l'industrie française.  

 

Des constructeurs, tels que Renault, imaginent un futur lointain dans lequel, la conception est partagée avec l'opérateur de mobilité ou de logistique, utilisateur final du véhicule. Qu'en pensez-vous ?

J-M S-P. Je pense que le groupe a une vision intéressante. On peut faire le parallèle avec Apple qui a construit une plateforme et non une machine qu'est l'iPhone. Renault dit ici que son savoir faire reste le châssis et charge à d'autres de construire le logiciel. Nos solutions pragmatiques envisagent cette forme d'évolution et le jumeau numérique que nous poussons aujourd'hui sera un point de contact entre le constructeur et ses partenaires, car tous pourront s'y brancher pour innover conjointement.

 

Le jumeau numérique a été le thème de communication de sociétés telles Siemens, Renesas et autres Nvidia durant le printemps. Est-ce le nouveau marché incontournable affilié au véhicule autonome ?

J-M S-P. Je pense qu'on peut l'interpréter comme tel. Ce qui est une bonne nouvelle. Nous avons la chance chez Siemens de disposer d'un portefeuille très large et d'embrasser l'intégralité de l'environnement autour du véhicule jusqu'à l'implémentation. Nous comprenons les besoins de nos clients. Après, comme chacun s'en souvient, nous investissons depuis plusieurs années dans la digitalisation des usines et des outils de test des véhicules autonomes. Les clients sont maintenant arrivés au stade de maturité qui réclament ces outils de création de jumeau numérique.

 

Sur le plan de l'enrichissement du portefeuille, que vous dicte le marché, ?

J-M S-P. Nous sommes au début de cette transformation. Outre l'acquisition de technologie, il y a un challenge humain à relever en parallèle. Nos clients attendent une solution d'agilité, pour concevoir aussi des services en plus des véhicules, soit la logique de Mobility-as-a-Service. Nous fournissons les pelles et les pioches pour exploiter cette mine d'or.

 

D'aucuns estiment que le directeur d'usine portera l'essentiel de la responsabilité, quel est votre avis sur ce sujet ?  

J-M S-P. Le directeur d'usine a effectivement un rôle important, mais il n'est pas le seul à gérer la problématique. Il faut s'assurer que les bonnes idées du départ sont respectées avant que le directeur d'usine les mette en musique.

 

Parce que demain, les accidents peuvent conduire au pénal…

J-M S-P. Oui effectivement. Les constructeurs vont augmenter leur niveau de vigilance. Comment s'assure-t-on que toute la complexité forme un ensemble cohérent ? La responsabilité ne repose pas uniquement sur le directeur d'usine mais sur l'ensemble de la chaîne continue. La traçabilité, la synthèse, les spécificités applicables… il faut une capacité à ne pas s'inscrire dans un monde monolithique. Le cycle de conception doit faire preuve de rigueur pour ne pas perdre d'information, tout en ayant de la souplesse intelligente et agile. Ainsi, le département marketing aura la possibilité de faire évoluer le produit en vue de rester compétitif. 

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