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Navya : "Dès janvier, nous effectuerons des tests à Las Vegas"

La navette autonome de Navya ne repartira pas de la cité du jeu. Le constructeur français, venant de décrocher son autorisation de circulation, démarre ce 10 janvier un projet grandeur nature, révèle Christophe Sapet, le président, dans un entretien au Journal de l'Automobile.

 

Le Journal de l'Automobile. Où en est-on du plan américain de Navya ?

 

Christophe Sapet. Il a débuté au mois d'octobre, il s'intensifie de manière importante, depuis la levée de fonds qui nous dote des moyens d'adresser les marchés américain et asiatique dans un second temps. Nous avons installé une navette à Mcity, sur la côte Est et nous en présentons une deuxième au CES, qui restera sur la côte Ouest. Nous implanterons une filiale près de Boston et une unité de production dans le Michigan, selon les plans arrêtés, afin de profiter de l'évolution de la législation.

 

JA. Vous arborez fièrement les fameuses plaques rouges, pouvez-vous nous en dire davantage sur les projets dans le Nevada ?

 

CS. Nous avons obtenu les plaques de circulation dans le Nevada, à la veille de l'ouverture du CES. Nous pouvons donc passer de la phase d'essai sur circuit fermé à la mise à la route, dans un véritable flot de véhicules.

 

JA. Les transports en commun ne sont pas un atout de Las Vegas, Navya veut-il y changer la donne ?

 

CS. A partir de la deuxième semaine de janvier, nous effectuons des tests dans la ville, sous forme de cycle de démonstration dans le quartier de Freemont. Un circuit de quelques kilomètres a été défini, et permettra aux habitants et aux visiteurs d'utiliser notre navette. Deux autres villes importantes suivront dans quelque temps, avec le concours d'une fililale locale de Keolis et, dans une prochaine étape, de Valeo.

 

JA. Qu'est-il prévu au cours de cette prochaine étape ?

 

CS. Elle interviendra au deuxième semestre. Elle prévoit l'intrégration des LiDar de Valeo, pour gagner en précision et la perception à plus longue distance. Un élément essentiel alors que la navette passera d'une vitesse maximum de 25 à 45km/h. Ensuite, il s'agit d'entrer en production.

 

JA. Les LiDar de Valeo vous affranchiront-ils de tout le dispositif extérieur jusqu'à présent indispensable ?

 

CS. Les technologies évoluent rapidement. Notre préférence ira à celles de Valeo, mais nous regarderons de manière objective la qualité de toutes les offres. La navette conjuguera bientôt les radars, les caméras et les LiDar parce que nous souhaitons assurer la redondance. Les fonds collectés vont contruibuer à financer les travaux. A ce titre, Navya a recruté, recrutera encore et doit avoir l'une des équipes les plus conséquentes en taille au monde, dans le domaine du véhicule autonome.

 

JA. Outre Valeo, quel rapport entretenez-vous avec les autres instituts de recherche ?

 

CS. Pour le moment, nous considérons, sans prétention, être en avance sur beaucoup de sujets. Ce qui n'exclut pas des collaborations avec SystemX par exemple, dans le registre de la sécurité de fonctionnement. A un horizon plus lointain, nous nous appuyons sur nos compétences, avec cette agilité qui nous aidera à résister au retour des concurrents féroces, pour le moment distancés.

 

JA. Comment aborder l'enjeu de la taille critique industrielle ?

 

CS. La navette réalisera 1000 à 3000 unités annuelles, il est pas interdit de penser que Navya s'intéressera à des véhicules de segments supérieurs mais, surtout, des plus petits, soit des navettes qui se rapprocheront du concept de robot-taxi. Les volumes de ventes seraient alors plus importants et, dans le cas où nous les lancerions à un horizon proche, alors, il faudra envisager la piste du partenariat industriel ou de la levée de fonds afin d'adapter l'outil de production.

 

JA. Et vendre les compétences sous forme de licence...

 

CS. Ce n'est pas inscrit dans le plan de développement. Nos véhicules génèrent environ 250000€ de revenus à chaque vente. Sous licence, nous ne toucherons que 3000€ maximum. Ce modèle économique ne peut être que complémentaire et, dans ce cas, nous pourrions proposer un dérivé de nos navettes à des branches de métier spécifique, comme en zone aéroportuaire ou les fabricants de gros bus.

 

JA. Qu'en est-il des avancées en France ?

 

CS. Nous avons réalisé une année complète, en 2016. Deux villes sont entrées en négociation et nous livrerons bientôt les exemplaires à la Ville Bordeaux. Nous voulons maximiser cette couverture, mais les délais de réflexion sont longs dans les collectivités territoriales. L'entrée de Keolis va justement aider dans les échanges qui parfois prennent un ton politique.

 

JA. Un modèle de démonstration avait rejoint l'Australie, vous reviendra-t-il ?

 

CS. Il ne rentrera jamais en France. Sa mission a été accomplie et nos prospects en ont commandé deux autres. Elles s'ajouteront à ceux livrés à Sinagapour, début décembre, ceux en cours d'acheminement vers la Nouvelle-Zélande et ceux qui viennent d'être achetés au Japon. Notre méthodologie de vente par la démonstration fait ses preuves.

 

JA. L'intelligence artificielle anime les débat, ici au CES, quelle est votre position ?

 

CS. Dans la réalité, le "machine learning" se montre plus facile à employer que l'intelligence artificielle telle qu'on la concevait il y a plusieurs années. On confronte le véhicule à des conditions de circulation et on lui enseigne l'attitude adoptée par les humains. Nous sommes en cours d'implémentation en prévision de l'intégration des caméras, notamment.

 

JA. Vous reconnaissez avoir dépassé le statut de start-up. Cela vous place-t-il alors en position de recruteur de start-up ?

 

CS. Nous en gardons toujours l'esprit ! (rires) Pour le moment, nous étudions le paysage. Nous avons rencontré sur le salon des spécialistes du comptage de passagers, par exemple. Navya serait ravi, dans une démarche constructive, d'aider des jeunes entreprises à monter en puissance.

 

Propos recueilllis lors du CES 2017

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